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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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346. Note de M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières

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N.

Paris, 16 juin 1949.

J’ai eu la semaine dernière, et sur sa demande, une entrevue avec mon collègue polonais, M. Lychovski.

M. Lychovski, s’exprimant, disait-il, à titre personnel, a souligné, ainsi qu’a coutume de le faire son ambassadeur M. Putrament, l’intérêt égal que la France et la Pologne ont à limiter le développement du potentiel allemand. Il craint vivement que l’Allemagne ne reprenne d’ici peu de temps la place prépondérante qu’elle occupait sur les marchés de l’Est de l’Europe. Les industriels allemands qui ne peuvent facilement exporter leurs marchandises vers l’hémisphère occidental se retourneront vers l’Europe orientale. Avec l’aide des crédits que les États-Unis en définitive se décideraient à mettre à leur disposition, ils fourniraient à la Pologne, à la Tchécoslovaquie, à la Hongrie, à la Roumanie, à la Yougoslavie, les équipements et les produits industriels de consommation qu’avec la connaissance de ces marchés ils sont capables de vendre plus facilement que n’importe quel autre de leurs concurrents, d’autant plus que l’Allemagne serait, à son tour, en mesure d’absorber des produits agricoles en compensation.

Le gouvernement polonais redoute vivement d’avoir à se retrouver devant un fournisseur presqu’unique de produits industriels et de devoir recourir à lui pour les pièces de rechange de son industrie.

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