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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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36. Compte rendu des conversations entre M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères et M. Bevin, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique, à Londres les 13-14 janvier 1949 (1re, 2e et 3e séances)

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C.R.

Les deux ministres reconnaissent que les divergences existant entre la France et la Grande-Bretagne en ce qui concerne le Pacte atlantique portent essentiellement sur les deux points suivants : adhésion de l’Italie, aire d’application du Pacte.

M. Bevin estime qu’il serait inopportun d’inviter actuellement l’Italie à accéder au Pacte. Cette opinion est fondée sur des considérations relatives, d’une part à la situation de l’Italie et aux moyens dont elle dispose, et d’autre part, au point de vue du gouvernement américain.

L’adhésion de l’Italie provoquerait dans la péninsule des remous d’opinion assez importants et conduirait 15 % des électeurs anti-communistes représentant l’élément pacifiste à voter pour le parti communiste ou un parti apparenté.

Les socialistes de la nuance de M. Saragat perdraient ces voix au profit des partisans de M. Nenni et ceci à un moment où certains indices permettent de penser que M. Nenni chercherait à se rapprocher de M. Saragat. M. de Gasperi croit pouvoir obtenir dans le pays une majorité favorable à l’adhésion au Pacte mais il lui faudrait pour cela entreprendre une campagne qui provoquerait une grande agitation et fournirait en fin de compte un aliment à la propagande soviétique.

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