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De la guerre à l’union de l’Europe

Itinéraires luxembourgeois

Mauve Carbonell

Au Luxembourg, la génération adulte dans les années 1940 porte en elle la fracture de la guerre, de l’occupation-annexion et de ses lourdes conséquences. Arrivant au pouvoir après 1945, les hommes du « renouveau » sont animés d’une vision du monde transformée, ouverte sur l’international, fondée sur le droit et la justice, rejetant les extrêmes du passé.
Dans cette étude, la mise en perspective biographique prend appui sur la reconstitution des parcours de responsables communautaires des années 1950 à 1970, à la Haute Autorité de la CECA, à la Commission de la CEE ou à la Cour de justice européenne. Il s’agit de Jean Fohrmann, Albert Wehrer, Michel Rasquin, Lambert Schaus, Victor Bodson, Albert Borschette, Charles-Léon Hammes et Pierre Pescatore. L’analyse est centrée sur la Seconde Guerre mondiale – cet « événement inaugural » – sur la perception que ces hommes en ont, sur le rôle qu’elle a joué dans leurs idées, leur carrière, leur implication dans le projet européen mais également dans leur évolution personnelle, spirituelle ou encore littéraire.
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Introduction

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Le XXe siècle européen est tragiquement marqué au fer blanc par un conflit d’une violence et d’une dimension sans précédent qui touche toutes les populations, entre 1939 et 1945. Hommes et femmes, militaires et civils, se retrouvent, le plus souvent malgré eux, dans la tourmente d’une guerre de six ans. Le Luxembourg, petit pays luttant pour défendre son existence par la neutralité, à l’étroit entre l’Allemagne, la France et la Belgique, est dans la ligne de mire de l’expansionnisme nazi et le 10 mai 1940, le pays est envahi en quelques heures. Les Pays-Bas, la Belgique, la France connaissent le même sort. Commence alors une occupation, une annexion dans le cas du Luxembourg, de plusieurs années dont les conséquences sont dramatiques pour ceux qui n’acceptent pas cette domination par la force : exil, déportation, « transfert » vers l’Est, camps de travail, camps de concentration, etc. Les passifs, les silencieux, les indifférents ne sont pas à l’abri : l’enrôlement de force dans la Wehrmacht pour les jeunes Luxembourgeois est décrété en 1942. Les sympathisants nazis, opportunistes ou collaborateurs, de leur côté, tirent leur épingle du jeu. La défaite de l’Europe nazie en 1945 renverse l’ordre des choses, les vainqueurs de 1940 s’avouant vaincus tandis que les opposants, exilés, résistants occupent soudainement le devant de la scène, laissé vacant. Les exilés rentrent au pays, les familles comptent les disparus, les victimes réclament justice, les...

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