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Cixous Party/«Partie» de Cixous

Marie-Dominique Garnier and Joana Maso

Partie, depuis 1974, est resté, non pas lettre morte, mais lettre tue, accueillie par un silence de presque quarante ans – alors que l’une de ses voisines, Finnegans Wake, bruisse et fait parler d’elle. Certains textes, comme certains vins, grandissent à l’ombre de vastes foudres – sous voile. Quel étrange voile a maintenu ce texte (et, en partie, l’œuvre immense à laquelle elle a servi de laboratoire et de chambre d’échos) à l’écart des chemins de la lecture ? Selon Jacques Derrida l’œuvre d’Hélène Cixous reste méconnue « pour des raisons qui, explicitées, révéleraient tout ce qui, en ce siècle et surtout en ce pays, s’interdit » (Voiles). Qu’est-ce qui, en Partie, s’interdit ou ne se dit que sous voile ? Beaucoup de choses : le « sujet » s’y fait machine de guerre post-identitaire ; l’objet-livre s’y fait réversible, retors comme un ver ; la littérature s’y connecte à ses envers (parmi lesquels Alice et ses miroirs, ou Proust, parti du côté de « chez Swann » et non de « chez soi »). Livre-ovni, Partie est ici lu comme un cousin possible du Finnegans Wake de Joyce, mais aussi en tant que livre-monde, parti guerroyer contre les scléroses de la pensée occidentale – ici aux prises avec « heideguerre » ou la « pissecanalyse ». Ce volume aborde Partie en tant que puissance ouvrante, œuvre forte où puiser comme à une réserve de voix résistantes.
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Hélène Cixous : la lecture et le mythe: (Joana Masó)

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Joana MASÓ

En 1985 Jacques Derrida dans sa « Lecture » du roman-photo Droit de regards, signé par l’artiste Marie-Françoise Plissart, se demandait « Qui a le droit d’induire des récits ? Et de faire croire ?1 »

Il formulait ces deux questions au sujet du genre roman-photo dans lequel très souvent le discours, disait-il, fait la loi. Il entendait par-là questionner le statut d’une parole qui s’érige comme la légende de l’image photographique et en délimite la virtualité sémantique. C’était alors dans la perspective d’une déconstruction des limites du genre que Derrida dépliait une lecture polyloguée dont l’une des voix demandait :

Ici [dans Droit de regards], rien de tel, l’œuvre pose en silence la question du genre comme question du droit de regard, elle analyse : qui le détient, ce droit, et qui détient l’autre, qui le tient sous son regard ou à portée de son « objectif » ? Qui dispose du « révélateur » ? Qui « fixe » ? Qui « monte » ? (...) L’auteur ? les auteurs ? les destinataires ? (...) Ce sont tous des personnages photographiés, mais aussi des photographes, des analystes experts ès-photographies, des signataires, des spectateurs, des récepteurs. Que dit la loi ? Qui a le droit de voir la scène, de capter des images, de les interpréter, cadrer, découper ? Qui a le droit d’induire des récits ? Et de faire croire ?2

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