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Cixous Party/«Partie» de Cixous

Marie-Dominique Garnier and Joana Maso

Partie, depuis 1974, est resté, non pas lettre morte, mais lettre tue, accueillie par un silence de presque quarante ans – alors que l’une de ses voisines, Finnegans Wake, bruisse et fait parler d’elle. Certains textes, comme certains vins, grandissent à l’ombre de vastes foudres – sous voile. Quel étrange voile a maintenu ce texte (et, en partie, l’œuvre immense à laquelle elle a servi de laboratoire et de chambre d’échos) à l’écart des chemins de la lecture ? Selon Jacques Derrida l’œuvre d’Hélène Cixous reste méconnue « pour des raisons qui, explicitées, révéleraient tout ce qui, en ce siècle et surtout en ce pays, s’interdit » (Voiles). Qu’est-ce qui, en Partie, s’interdit ou ne se dit que sous voile ? Beaucoup de choses : le « sujet » s’y fait machine de guerre post-identitaire ; l’objet-livre s’y fait réversible, retors comme un ver ; la littérature s’y connecte à ses envers (parmi lesquels Alice et ses miroirs, ou Proust, parti du côté de « chez Swann » et non de « chez soi »). Livre-ovni, Partie est ici lu comme un cousin possible du Finnegans Wake de Joyce, mais aussi en tant que livre-monde, parti guerroyer contre les scléroses de la pensée occidentale – ici aux prises avec « heideguerre » ou la « pissecanalyse ». Ce volume aborde Partie en tant que puissance ouvrante, œuvre forte où puiser comme à une réserve de voix résistantes.
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Chimères: (Elissa Marder)

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Elissa MARDER

I. Détour primaire : « New Secondhand »

Partie nous arrive de très loin et de si près. Longtemps après la date de sa mise au monde (en 1972) et celle de sa publication (en 1976), ce livre hybride vibre toujours avec une force et une fraîcheur qu’on pourrait appeler « new secondhand » selon l’expression que Cixous emprunte à Joyce. Elle parle de cette expression dans un très beau texte sur Joyce et Clarice Lispector intitulé « “Mamãe, disse ele” or Joyce’s second hand ». Dans ce texte qui n’est publié qu’en traduction anglaise, ce qui fait qu’il est lui-même en quelque sorte « new secondhand », elle écrit :

A body, a sword, a wax tablet so old and so new, new secondhand, this is our culture and its writing ; indeed, we no longer know what old means. (...) Our culture has a strange, composed, chimerical body, encrusted and grafted with philosophies, with testaments, with laws, with geneses one hundred times regenerated ; it is Neualt like a Prague synagogue and it is too jungfraud to forget and not to forget that « there is nobody proper without this graft » (Derrida 1994 : 213). There is no artist without cast-off feathers. Everything begins with this prosthesis1.

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