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Le mélodrame filmique revisité / Revisiting Film Melodrama

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Edited By Dominique Nasta, Muriel Andrin and Anne Gailly

Dans une confrontation inédite des approches francophones et anglo-saxonnes signées par des experts internationalement reconnus aussi bien que par de jeunes chercheurs, Le mélodrame filmique revisité propose d’ouvrir le champ d’études vers de nouvelles perspectives historiques et esthétiques. En effet, le mélodrame souffre, depuis ses débuts cinématographiques, d’une exploitation péjorative qui restreint le « mode mélodramatique » à la manipulation des émotions du public et à une representation excessive sur le plan esthétique. Minimisé, expédié, ce genre mérite pourtant d’être enfin l’objet d’une revalorisation à travers des approaches innovantes et un corpus élargi à la télévision, l’animation et l’internet.
Revisiting Film Melodrama brings forth pioneering French and English-speaking approaches from internationally known experts as well as by young researchers, aiming to broaden the research area through new historical and aesthetic perspectives. Indeed, film melodrama has too often been under-estimated, most surveys having essentially focused on the audience’s emotions and on excessive representations, often neglecting the complexities of the «melodramatic mode». More than ever, melodrama as film genre requires a comprehensive, multi-layered re-appraisal which includes references to the genre at work on television, animation and the internet.
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Le mélodrame : entre globalisation de l’empathie et standardisation de l’intime (Thomas Elsaesser)

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Thomas ELSAESSER

University of Amsterdam

Cette communication, extraite du chapitre d’un livre qui – à l’image du mélodrame lui-même – semble être la cible d’incessants retardements, cartographie l’un des nombreux glissements de sens subis par le terme mélodrame au cours de sa longue histoire, en tant que mode d’expérience et perception du monde. Constamment situé entre littérature et cinéma, entre cinéma et télévision, entre télévision et populisme politique, il est devenu – c’est du moins mon point de vue – une sorte de pseudo-universel de l’affect moral, dont la velléité serait de compenser et contrecarrer le rapide déclin de la foi en universaux, dans l’affirmation de notre incapacité à vivre avec, tout autant que sans, ces universaux.

Ainsi par exemple, le mélodrame offre maintenant, grâce à la télévision, corps et récit à une forme particulière de témoignage (la prise de parole) et active une réciprocité de l’empathie (“Je ressens votre douleur”) mais il peut également connoter une absence de “représentation” au sein du champ social, contraignant l’être post-individuel à trouver un nouvel espace d’articulation et de résonance sous les feux capricieux de l’attention publique. L’opinion que je défends est que le mélodrame, en tant que vision du monde et rhétorique de l’attention et de l’affect mais également en tant que syst...

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