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Le mélodrame filmique revisité / Revisiting Film Melodrama

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Dominique Nasta, Muriel Andrin and Anne Gailly

Dans une confrontation inédite des approches francophones et anglo-saxonnes signées par des experts internationalement reconnus aussi bien que par de jeunes chercheurs, Le mélodrame filmique revisité propose d’ouvrir le champ d’études vers de nouvelles perspectives historiques et esthétiques. En effet, le mélodrame souffre, depuis ses débuts cinématographiques, d’une exploitation péjorative qui restreint le « mode mélodramatique » à la manipulation des émotions du public et à une representation excessive sur le plan esthétique. Minimisé, expédié, ce genre mérite pourtant d’être enfin l’objet d’une revalorisation à travers des approaches innovantes et un corpus élargi à la télévision, l’animation et l’internet.
Revisiting Film Melodrama brings forth pioneering French and English-speaking approaches from internationally known experts as well as by young researchers, aiming to broaden the research area through new historical and aesthetic perspectives. Indeed, film melodrama has too often been under-estimated, most surveys having essentially focused on the audience’s emotions and on excessive representations, often neglecting the complexities of the «melodramatic mode». More than ever, melodrama as film genre requires a comprehensive, multi-layered re-appraisal which includes references to the genre at work on television, animation and the internet.
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“Captiver” au lieu de “paralyser”. Henry Albert Philipps, pourfendeur des excès mélodramatiques au cinéma (Laurent Guido)

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Henry Albert Philipps, pourfendeur des excès mélodramatiques au cinéma

Laurent GUIDO

Université de Lausanne

Dans une séquence cruciale de The Magician (Rex Ingram, 1926, d’après le roman homonyme de Somerset Maugham), l’héroïne de ce film d’horreur est soudainement confrontée, au détour d’une promenade romantique dans un parc, à Haddo, le dangereux occultiste auquel Paul Wegener prête son physique massif et inquiétant. L’homme cueille ostensiblement une rose, alors qu’une pancarte interdit expressément de toucher aux fleurs, et l’offre avec une déférence obséquieuse à la jeune femme, malgré le fait que celle-ci soit accompagnée d’un ami. Empreinte d’une théâtralité hors normes, cette attitude suscite à la fois une certaine inquiétude chez la protagoniste – comme un prélude à sa piqûre par la rose épineuse –, et une mise à distance amusée chez son partenaire qui s’exclame alors : « il a l’air de sortir d’un mélodrame » (« He looks as if he stepped out of a melodrama »). L’attitude transgressive de ce personnage typique de Villain, tout comme sa mise outrancière (grand chapeau noir, longue cape rabattue avec un geste emphatique) sont donc d’emblée identifiées, au sein même de la diégèse de The Magician, comme des stéréotypes dérisoires : le mélodrame, objet d’ironie, ou du moins de suspicion, est assimilé à un élément disruptif et grotesque, un...

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