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Le mélodrame filmique revisité / Revisiting Film Melodrama

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Dominique Nasta, Muriel Andrin and Anne Gailly

Dans une confrontation inédite des approches francophones et anglo-saxonnes signées par des experts internationalement reconnus aussi bien que par de jeunes chercheurs, Le mélodrame filmique revisité propose d’ouvrir le champ d’études vers de nouvelles perspectives historiques et esthétiques. En effet, le mélodrame souffre, depuis ses débuts cinématographiques, d’une exploitation péjorative qui restreint le « mode mélodramatique » à la manipulation des émotions du public et à une representation excessive sur le plan esthétique. Minimisé, expédié, ce genre mérite pourtant d’être enfin l’objet d’une revalorisation à travers des approaches innovantes et un corpus élargi à la télévision, l’animation et l’internet.
Revisiting Film Melodrama brings forth pioneering French and English-speaking approaches from internationally known experts as well as by young researchers, aiming to broaden the research area through new historical and aesthetic perspectives. Indeed, film melodrama has too often been under-estimated, most surveys having essentially focused on the audience’s emotions and on excessive representations, often neglecting the complexities of the «melodramatic mode». More than ever, melodrama as film genre requires a comprehensive, multi-layered re-appraisal which includes references to the genre at work on television, animation and the internet.
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Kean d’Alexandre Volkov : intertextualité et mélodrame (Natalia Noussinova)

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Natalia NOUSSINOVA

Institut de recherches sur le cinéma - Moscou

Kean ou désorde et génie (1924) est un chef-d’œuvre issu de la collaboration des trois piliers du cinéma russe en exil : du meilleur cinéaste (Alexandre Volkov), du meilleur acteur (Ivan Mosjoukine), des meilleurs producteurs (Film Albatros,dirigé à l’époque parAlexandre Kamenka et Noé Bloch). À sa sortie, le film reçoit un accueil contradictoire ; c’est ainsi qu’il est contesté par Léon Moussinac dans Le Crapouillot et en même temps glorifié par Jean Tedesco dans le Cinéa-ciné pour tous pour ses longueurs.1 Les longueurs auxquelles il est fait allusion concernent la scène finale de l’agonie de Kean, qui est effectivement l’une des plus longues scènes de décès de l’histoire du cinéma. D’après le calcul de Lenny Borger,2 elle dure de quinze à vingt minutes, selon la vitesse de projection du film. D’autre part, la célèbre scène de la taverne, incluant la danse de Mosjoukine déguisé en marin, frappe les spectateurs de toutes les époques par son montage rapide et son rythme frénétique, poussé à l’extrême, inspiré par La Roue d’Abel Gance. Selon Kevin Brownlow,3 c’est justement cette scène qui incite Abel Gance à embaucher Volkov en qualité d’assistant et à lui confier l’exécution de la première scène de Napoléon,celle de la...

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