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Le mélodrame filmique revisité / Revisiting Film Melodrama

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Edited By Dominique Nasta, Muriel Andrin and Anne Gailly

Dans une confrontation inédite des approches francophones et anglo-saxonnes signées par des experts internationalement reconnus aussi bien que par de jeunes chercheurs, Le mélodrame filmique revisité propose d’ouvrir le champ d’études vers de nouvelles perspectives historiques et esthétiques. En effet, le mélodrame souffre, depuis ses débuts cinématographiques, d’une exploitation péjorative qui restreint le « mode mélodramatique » à la manipulation des émotions du public et à une representation excessive sur le plan esthétique. Minimisé, expédié, ce genre mérite pourtant d’être enfin l’objet d’une revalorisation à travers des approaches innovantes et un corpus élargi à la télévision, l’animation et l’internet.
Revisiting Film Melodrama brings forth pioneering French and English-speaking approaches from internationally known experts as well as by young researchers, aiming to broaden the research area through new historical and aesthetic perspectives. Indeed, film melodrama has too often been under-estimated, most surveys having essentially focused on the audience’s emotions and on excessive representations, often neglecting the complexities of the «melodramatic mode». More than ever, melodrama as film genre requires a comprehensive, multi-layered re-appraisal which includes references to the genre at work on television, animation and the internet.
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Le mélodrame chez Pagnol : une arme idéologique (Pierre Arbus)

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Pierre ARBUS

Université de Toulouse II le Mirail

Le cinéma de Pagnol n’est pas un cinéma sage, pour divertir et faire sourire, même s’il n’y rechigne pas, même si c’est ainsi que le plaisir se montre lorsqu’on redécouvre les six heures de la trilogie marseillaise, l’inoubliable Regain ou les épisodes des Souvenirs d’enfance. Passionné par la technique, inventeur lui-même, le dramaturge marseillais – et non véritablement provençal – fut prompt à s’engager dans la modernité des procédés naissants du cinéma parlant, voire de la couleur – avec notamment la complicité de l’ingénieur Roux, pour La belle Meunière. Ce cinéma-là, c’est un cinéma marginal, ou plutôt singulier, personnel, un peu inconvenant, original aussi, comme on dirait d’un excentrique : « c’est un original ! » Empli en son temps d’une étrangeté qui joue avec les codes de l’exotisme, d’autant plus inattendu que l’exotisme, ici, est en France.

Or, Paris marque de son omniprésence tout le cinéma français depuis les années 1930. On conçoit la violence de cette rébellion, qui montre soudain la ville au bord de l’eau, la lumière qui fait cligner les yeux, la parole qui déferle, l’accent, l’exubérance, une certaine cosmogonie aussi dans l’évocation des escales lointaines, des marins de passage, des pavillons étrangers comme antidote au dépit… Plus encore, la...

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