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Le mélodrame filmique revisité / Revisiting Film Melodrama

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Edited By Dominique Nasta, Muriel Andrin and Anne Gailly

Dans une confrontation inédite des approches francophones et anglo-saxonnes signées par des experts internationalement reconnus aussi bien que par de jeunes chercheurs, Le mélodrame filmique revisité propose d’ouvrir le champ d’études vers de nouvelles perspectives historiques et esthétiques. En effet, le mélodrame souffre, depuis ses débuts cinématographiques, d’une exploitation péjorative qui restreint le « mode mélodramatique » à la manipulation des émotions du public et à une representation excessive sur le plan esthétique. Minimisé, expédié, ce genre mérite pourtant d’être enfin l’objet d’une revalorisation à travers des approaches innovantes et un corpus élargi à la télévision, l’animation et l’internet.
Revisiting Film Melodrama brings forth pioneering French and English-speaking approaches from internationally known experts as well as by young researchers, aiming to broaden the research area through new historical and aesthetic perspectives. Indeed, film melodrama has too often been under-estimated, most surveys having essentially focused on the audience’s emotions and on excessive representations, often neglecting the complexities of the «melodramatic mode». More than ever, melodrama as film genre requires a comprehensive, multi-layered re-appraisal which includes references to the genre at work on television, animation and the internet.
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Deux visages du jeu mélodramatique au cinéma : Garbo et Kidman (Christophe Damour)

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Christophe DAMOUR

Université de Strasbourg

Introduction

Le jeu mélodramatique, dont le mélodrame n’a pas le monopole et qui peut se retrouver dans d’autres genres, cherche à émouvoir en mettant en scène de façon spectaculaire des états passionnels exacerbés. Selon Laura Mulvey, ce type de jeu, reposant plus sur les gestes que sur les dialogues,1 serait donc plutôt régi par des principes sémiotiques ne nécessitant pas de réel talent de comédien.2 Un tel style, qui se réfère à des conventions gestuelles rendues avec plus ou moins d’emphase issues de la tradition mélodramatique au théâtre, est qualifié de “code histrionique” par Roberta E. Pearson et s’oppose à un “code du vraisemblable” qui priorise l’imitation réaliste du comportement dans la vie de tous les jours.3

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