Show Less
Restricted access

Les États baltes et le système européen (1985–2004)

Être Européens et le devenir

Series:

Philippe Perchoc

C’est toute la question de la place et de la puissance des « sans puissance » en relations internationales qui est ici posée par l’étude de la diplomatie des États baltes après 1991. En effet, ce sont les seules anciennes républiques soviétiques à être devenues membres de l’Union européenne et de l’OTAN en 2004. L’étude de leur place dans le système européen en mutation de l’après guerre froide est donc un élément essentiel permettant de définir l’Europe par ses marges. Et ce, au moment où de nouvelles frontières durables semblent apparaitre sur le continent.
Cet ouvrage montre comment les systèmes politiques renaissants de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie des dernières années de l’URSS ont mis en actes une radicale volonté d’ancrage dans les institutions européennes et atlantiques. Malgré des héritages soviétiques complexes relatifs aux frontières et à la définition du corps citoyen, la politique étrangère a été l’un des objectifs de la transformation.
Au même moment, le modèle de sécurité en Europe évolue radicalement, permettant aux diplomaties baltes de s’insérer dans ses interstices et, par là, de contribuer à sa modification structurelle. Cette interaction entre mutations internes et insertions dans le système européen apporte une illustration concrète du fait qu’il fallait « être Européens, pour le devenir ».
Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 7. Les projets européens et américains de stimulation régionale

Extract

← 232 | 233 → CHAPITRE 7

Les projets européens et américains de stimulation régionale

L’année 1997 voit se décider une série de mesures de compensation pour les États baltes et la Russie afin de ne pas laisser penser que les membres de l’OTAN acquiescent à une politique de nouvelles sphères d’influences en Europe. Pourtant, l’Estonie et la Lettonie sont encore toutes les deux sous observation de l’OSCE et du Conseil de l’Europe – dont la Russie est membre –, même si la première fait des efforts considérables pour intégrer rapidement ses résidents non citoyens. Par ailleurs, la Russie réaffirme en 1997, lors de la signature des accords de Paris en amont de l’élargissement de l’OTAN, qu’il est impensable que cette dernière ne s’élargisse jamais à l’ex-URSS1 et elle propose aux États baltes des garanties unilatérales de sécurité.

Après une première phase de coopération en mer Baltique (CEMB) et les débuts positifs de l’action de l’OSCE, l’année 1997-1998 marque un approfondissement très marqué de la régionalisation baltique, incluant encore une fois la Russie. Non seulement l’Union européenne semble donner des signaux positifs quant à l’adhésion – au moins à l’Estonie – et lance son projet de « Dimension septentrionale » en 1997, sous l’impulsion de la Finlande. Au même moment, les États-Unis lancent une « Initiative nord européenne » pour la région baltique et l’année suivante la charte...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.