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Modes de gouvernance dans quatre métropoles latino-américaines (Buenos Aires, Caracas, Mexico et São Paulo)

Entre logiques institutionnelles et acteurs

Edited By Christian Azaïs and Marielle Pepin-Lehalleur

Cet ouvrage est le fruit d’une recherche collective menée par des chercheurs argentins, brésiliens, français, mexicains et vénézuéliens provenant d’horizons disciplinaires divers. Deux axes directeurs ont guidé les travaux : la gouvernance et la globalisation. La gouvernance est appréciée dans sa qualité de processus et mode de régulation et d’expression des rapports entre acteurs sociaux, mais aussi entre eux et les pouvoirs publics. Cette démarche permet de l’appréhender de manière novatrice, à l’opposé de la vision normative des best practices développée par les organisations internationales.
D’un enjeu à l’autre, les modes de gouvernance révèlent le poids des contextes nationaux et mondiaux, ce qui conforte l’idée d’une globalisation productrice de deux processus indissociables, l’uniformisation et la différenciation. Nous l’avons vérifié dans le domaine de l’habitat, mais aussi dans celui du travail, de la consommation ou des illégalismes. Notre analyse s’appuie sur l’hypothèse que les systèmes d’acteurs s’agencent et se transforment dans le cadre prégnant des changements économiques et sociaux exigés par la globalisation aux métropoles qui veulent s’y faire une place. Buenos Aires, Caracas, Mexico et São Paulo sont les terrains d’enquête. L’analyse privilégie les logiques institutionnelles auxquelles concourent les acteurs, leurs répertoires d’action et l’appréhension du quotidien qu’ils expriment à travers leurs pratiques et qui ont un impact sur les institutions.
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Régulations au quotidien. Vendre des aliments préparés dans la rue à Mexico (Marielle Pepin-Lehalleur)

 

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Marielle PEPIN-LEHALLEUR

CNRS

Comment se lance-t-on à vendre des tacos, des quesadillas1, des pommes chips ou des coupes de fruits frais dans les rues de la ville ?

Comment parvient-on à élaborer le produit qui suscitera l’envie des passants, à occuper un espace dans un lieu public sans provoquer la rivalité des autres marchands ni irriter les riverains soucieux de tranquillité, comment réussir à s’y rendre visible et à la fois esquiver ou amadouer les inspecteurs chargés de faire respecter la règlementation urbaine ?

Entre les besoins et les volontés contraires de tous les acteurs qui entendent faire valoir la publicité de la rue et profiter de la richesse de ses usages et de ses ressources, les vendeurs de rue apprennent, au risque de leur éviction, à évaluer ce qu’ils peuvent ou doivent faire et ce qui leur est interdit. Ils cherchent eux aussi à défendre leurs intérêts dans un environnement à l’ordonnancement souvent implicite et changeant, tentant de s’adapter à la diversité des rythmes de vie et des modes de consommation. Bon gré, mal gré, ils se trouvent engagés dans les jeux de pouvoir qui se déploient autour de la légitimité de tel ou tel usage de l’espace public, s’y impliquent ou réussissent à s’y soustraire, en mettant en œuvre des stratégies qui les engagent bien au-delà de leur seule activité professionnelle et qui s’articulent avec l’ensemble de leur vie familiale et sociale, leurs conditions de vie, leurs orientations. Ce qui...

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