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Documents diplomatiques français

1970 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Les principales questions abordées dans le présent volume sont dans la continuité de celles qui faisaient la trame du deuxième semestre de l’année 1969. Ce sont : la politique française à l’égard de la candidature britannique à la CEE ; la politique méditerranéenne de la France ; les relations franco-américaines à l’occasion du voyage du président Pompidou aux États-Unis ; les relations avec les régimes sud-africain et portugais qui mettent la France en difficulté avec les pays africains.
À la suite de la conférence de La Haye (2-3 décembre 1969), l’élargissement est rendu possible mais les négociations n’en apparaissent pas moins délicates, même si la victoire du parti conservateur aux élections du 18 juin 1970 change en partie la donne, ce dont se réjouit la diplomatie française.
La notion de « politique méditerranéenne » permet à la diplomatie française de donner une cohérence à l’amélioration des relations de la France avec les pays d’Afrique du Nord et notamment la Libye. L’aspect le plus neuf de cette diplomatie française est la percée sur le marché libyen avec la vente d’avions Mirage. Combinée au grave incident des vedettes de Cherbourg qui provoque une crise diplomatique franco-israélienne, cette politique étrangère va avoir des répercussions sur les relations franco-américaines.
Cette vente va en effet empoisonner l’atmosphère de la visite du président Pompidou aux États-Unis (28 février-3 mars 1970) à l’occasion des incidents de Chicago qui ont vivement impressionné le Président et Madame Pompidou. Il n’en reste pas moins que les deux Présidents ont pu avoir des conversations approfondies sur le Proche-Orient, en particulier l’armement israélien, la situation monétaire internationale et la guerre du Vietnam, et ont décidé d’établir une liaison personnelle.
Alors que sous Georges Pompidou, la diplomatie française poursuit et élargit son implantation en Afrique, comme au Rwanda, les rapports que la France entretient avec les régimes sud-africain et portugais posent problème en raison de la condamnation du régime d’ apartheid dans le premier cas, de la décolonisation des territoires africains sous tutelle portugaise dans le second. La France est l’objet de pressions pour l’amener à rompre les relations commerciales avec l’Afrique du Sud, en particulier la fourniture d’armes françaises. Du côté portugais, c’est la participation d’entreprises françaises à la construction du barrage de Cabora Bassa (Mozambique) qui fait l’objet de critiques de la part de gouvernements africains, dont celui de Zambie.
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53 M. Manac’h, Ambassadeur de France à Pékin, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères.

53

Extract

M. MANAC’H, AMBASSADEUR DE FRANCE À PÉKIN,

À M. SCHUMANN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

D. no 125/PL, 125/DGRCST

Pékin, 3 février 1970.

Les relations culturelles franco-chinoises

Orientation et organisation de notre activité culturelle

La présente étude se propose de répondre, sous une forme globale, aux préoccupations que le Ministre exposait dans sa lettre du 10 mai 1969, celles dont M. Pierre Laurent1 me faisait part le 8 septembre2 dernier et enfin à la communication circulaire du Département no 22 du 19 janvier 19703.

Je procéderai d’abord à un bref historique des échanges culturels franco-chinois au cours des cinq dernières années en montrant à quel point ils ont été étroitement liés à l’évolution politique de ce pays ; je dirai ensuite, compte tenu de ce qui précède, quelle orientation il convient à mon sens de donner à notre action culturelle ; je formulerai enfin mon avis quant à une éventuelle réorganisation des services culturels de cette ambassade.

I. Bref historique des échanges culturels franco-chinois.

Les échanges culturels franco-chinois avaient pris au lendemain de l’établissement des relations diplomatiques4 un départ assez encourageant. Toutefois, ces échanges avaient, dès cette époque, un caractère essentiellement utilitaire. Le gouvernement de Pékin avait envoyé en France, pour y apprendre notre langue, un fort contingent d’étudiants chinois (180 en 1966) ainsi que quelques stagiaires scientifiques ou techniques. De plus,...

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