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Le verbe en friche

Approches linguistiques et didactiques

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Edited By Marie-Noëlle Roubaud and Jean-Pierre Sautot

Se poser la question de la construction du concept par les élèves, c’est interroger l’enseignement de la grammaire et par là-même c’est revenir à la linguistique du verbe. C’est ce que propose cet ouvrage qui fait suite au colloque organisé les 30 et 31 mai 2012 à l’Institut universitaire de formation des maitres (IUFM) de l’Université Claude Bernard à Lyon.
Le présent ouvrage voit le jour grâce au travail de l’équipe Episteverb (née en 2009) qui se compose de neuf enseignants-chercheurs de différentes universités françaises et canadienne. Ces différents chercheurs se sont réunis autour d’un même objet d’étude au centre de leurs préoccupations : le verbe, afin d’en explorer la complexité dans ses différentes approches (linguistique, socio et psycholinguistique et didactique).
Les recherches respectives des membres de l’équipe font apparaitre le besoin de penser une didactique de la grammaire, plus particulièrement celle du verbe, davantage centrée sur les savoirs en construction de l’élève : comment l’élève construit-il et comment fait-il évoluer sa représentation du verbe, puis sa compréhension du fonctionnement morphologique et syntaxique d’un élément central de la langue française ? Quel est l’impact de l’enseignement reçu sur cette évolution ?
Les contributions publiées dans ce volume s’attachent donc à dénouer peu ou prou la complexité linguistique de la notion de verbe, et sa difficile transposition dans l’enseignement de la langue.
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« La ferme ! » : verbe… ou non ?

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Rémi CAMUS

MoDyCo / INALCO/Paris

La problématique du « complexe du verbe » suggère plusieurs interprétations. Si un complexe est bien un « ensemble de termes divers […] form[ant] un tout plus ou moins cohérent » (TLFi, s.v.), on peut y voir un synonyme local de « catégorie » ; on insiste alors sur le fait que le verbe est une construction mobilisant diverses unités élémentaires : morphèmes radicaux, affixaux et désinentiels, auxiliaires. Sans doute faut-il aussi entendre que le verbe possède une « complexité » qui lui est propre. Éprouverait-il même quelque « complexe » de se trouver mêlé sans autre forme de procès à la cohorte des parties du discours, lui auquel on attribue pourtant un rôle prééminent dans la construction de la phrase ? Voici le verbe pris entre son appartenance à une classe d’entités construites et la fonction dite « verbale » constitutive de la phrase. C’est ce point qui sera l’objet de l’étude qui suit, au travers d’un expression pour laquelle toutes les décisions catégorielles, qu’elles soient intuitives ou fondées en raison, sont menacées : l’exclamation La ferme !

Une enquête approfondie sur cette expression fut menée par Françoise Kerleroux dans une série de travaux (cf. Bibliographie : 1991, 1996) alimentant le modèle positionnel de la théorie générativiste (Milner, 1989). Dans ce modèle sont distingués, sur le terrain des catégories, les termes et les positions qu’ils...

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