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L’Afrique belge aux XIXe et XXe siècles

Nouvelles recherches et perspectives en histoire coloniale

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Edited By Patricia Van Schuylenbergh, Catherine Lanneau and Pierre-Luc Plasman

Les études historiques sur la colonisation belge en Afrique centrale demeurent méconnues du grand public voire du monde scientifique.
Cet ouvrage collectif rassemble les travaux de chercheurs qui souhaitent dépasser les images et les messages stéréotypés ou peu nuancés mêlant l’histoire aux enjeux politiques et mémoriels. Leurs contributions diversifient les approches pour appréhender une histoire coloniale qui, loin d’être uniforme, se déploie dans des champs, des modes d’action et des réseaux multiples sur le terrain.
Introduit par deux études insérant ces nouvelles recherches sur l’Afrique belge dans une perspective plus large (Courants et historiographies), l’ouvrage trace un parcours historique qui va de la rencontre de l’Autre (Supports scientifiques et savoirs locaux) à son contrôle dans un processus marqué par la recherche de l’efficacité coloniale (Contextes et situations socio-économiques entre 1940 et 1960). La rencontre de l’Autre engendre une violence (État indépendant du Congo : guerre et droit) et suscite l’émergence d’un contrôle par un appareil judiciaire peinant appareil judiciaire peinant à imposer l’État de droit sur la raison d’État (Justice coloniale). Enfin, l’ouvrage interroge la manière dont le binôme métropole-colonie se positionne face à de grands défis de l’ordre international : Eurafrique, nationalisme et communisme (Entre concepts et mouvements politiques).
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Nationalisme et communisme au Congo belge (1950-1960).

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Nationalisme et communisme au Congo belge (1950-1960)

Ennemis ou outils des autorités coloniales ?

Anne-Sophie GIJS

Aspirante du FRS-FNRS, Université catholique de Louvain

« Communiste » et « nationaliste congolais », deux qualificatifs qui, dans la Belgique des années 1950, frappent d’anathème ceux qu’ils désignent. Mais au-delà d’une condamnation majeure, voyons ce que ces deux concepts révèlent de la mentalité coloniale belge, face aux flux des idéologies de libération et des enjeux internationaux.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Congo avait suscité l’intérêt des Alliés en raison de ses ressources potentielles dans les domaines économique et stratégique. Ensuite, à l’heure de la guerre froide et des décolonisations, les tenants du nouvel ordre bipolaire se préoccupèrent aussi de ses destinées politiques. Le Congo, à l’instar des autres colonies occidentales, devint en effet un enjeu de la lutte d’influence que se livraient les États-Unis et l’Union Soviétique, qui tous deux s’érigeaient en champions du combat pour l’indépendance et la liberté des peuples dominés.

Reprenant des idées déjà émises par Lénine, Staline voyait la libération des colonies comme un moyen d’affaiblir le bloc capitaliste1. Avant d’en arriver là, pour implanter l’idéologie et le système communistes en Afrique, les Occidentaux suspectaient Moscou et ses suppôts de tirer profit des contingences locales. L’absence, en général, de...

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