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Les racines populaires de la culture européenne

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Jacques Delneste, Olivier Odaert and Olivier Odaert

L’émergence d’une culture de masse multimédiatique en Europe, à partir des années 1830, s’est traduite par une amplification et une accélération des phénomènes de circulation et d’adaptation des œuvres à l’échelle internationale. Dans ce contexte, pourquoi certains auteurs, certaines figures et certains genres ont-ils essaimé plutôt que d’autres ? Comment ces produits culturels ont-ils circulé, en subissant quelles contraintes, quelles transformations ? Quels ont été les acteurs de cette ouverture des cultures nationales à un contexte international ? Comment les éditeurs, notamment, ont-ils contribué à la diffusion des œuvres et des récits en mettant en place des stratégies de traduction ou de plagiat à peine déguisées, ou encore en constituant des collections d’origine étrangère ?
Cet ouvrage collectif tente de répondre à toutes ces questions et à bien d’autres encore en étudiant les phénomènes de circulation transnationale et d’adaptation transmédiatique des produits culturels.
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De qui se moque-t-on ? Gustave Flaubert, revu et corrigé par l’Anglaise Posy Simmonds (Florie Steyaert)

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Gustave Flaubert, revu et corrigé par l’Anglaise Posy Simmonds

Florie STEYAERT

Université catholique de Louvain

L’allusion est à peine voilée : Gemma Bovery, le nom de l’héroïne de Posy Simmonds – et le titre de son roman graphique1 – fait immédiatement et irrémédiablement écho à l’Emma Bovary de Flaubert. Or, si la filiation avec le classique flaubertien semble établie d’emblée par l’auteure anglaise, le positionnement de cette dernière vis-à-vis dudit classique n’en reste pas moins ambigu, de la première à la dernière page de son Gemma Bovery, qui semble osciller sans cesse entre hommage et parodie, tout en se faisant le théâtre des (d)ébats et des écueils relationnels entre Anglais et Français (sur le plan de l’identité collective comme individuelle). En outre, Posy Simmonds transgresse également les limites génériques traditionnelles, en osant mettre des images sur les mots de Flaubert et en allant, dès lors, résolument à l’encontre des convictions de l’écrivain français : « L’illustration est antilittéraire… Vous voulez que le premier imbécile venu dessine ce que je me suis tué à ne pas dire ? »2 Si on en croit ces propos pour le moins explicites, Gustave Flaubert s’opposait radicalement à l’idée de voir un jour son texte illustré. Pourtant, un siècle et demi plus tard, Emma a, non pas un visage, mais plusieurs : voici Madame Bovary projeté sur les écrans de...

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