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Les racines populaires de la culture européenne

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Jacques Delneste, Olivier Odaert and Olivier Odaert

L’émergence d’une culture de masse multimédiatique en Europe, à partir des années 1830, s’est traduite par une amplification et une accélération des phénomènes de circulation et d’adaptation des œuvres à l’échelle internationale. Dans ce contexte, pourquoi certains auteurs, certaines figures et certains genres ont-ils essaimé plutôt que d’autres ? Comment ces produits culturels ont-ils circulé, en subissant quelles contraintes, quelles transformations ? Quels ont été les acteurs de cette ouverture des cultures nationales à un contexte international ? Comment les éditeurs, notamment, ont-ils contribué à la diffusion des œuvres et des récits en mettant en place des stratégies de traduction ou de plagiat à peine déguisées, ou encore en constituant des collections d’origine étrangère ?
Cet ouvrage collectif tente de répondre à toutes ces questions et à bien d’autres encore en étudiant les phénomènes de circulation transnationale et d’adaptation transmédiatique des produits culturels.
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Les albums de bande dessinée édités par Dupuis au cours des années 1940-1950. Miroir d’un imaginaire colonial européen ? (Philippe Delisle)

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Miroir d’un imaginaire colonial européen ?

Philippe DELISLE

Université Lyon 3

On a déjà beaucoup écrit sur les préjugés coloniaux présents dans certaines bandes dessinées belges des années 1930-1950. Depuis la décolonisation de l’Afrique, Tintin au Congo a notamment fait l’objet de polémiques régulières et enflammées. Encore en juillet 2007, un étudiant congolais a porté plainte devant un tribunal de Bruxelles, jugeant que la seconde aventure du petit reporter faisait l’apologie du racisme1. Nous voudrions revenir, sous un angle un peu différent, sur cette question de l’imaginaire colonial dans la bande dessinée belge d’expression française. La Belgique, qui a hérité en 1908 de « l’État indépendant du Congo » fondé par Léopold II, est, jusqu’à la fin des années 1950, une grande puissance coloniale. Mais il en va alors de même de la France ou de l’Angleterre. Tout un imaginaire colonial populaire s’est déployé dans ces divers pays, à travers des romans, des films, des pièces de théâtre, ou même des jouets2. Il s’appuie sur des fondements communs, comme le caractère prétendument infantile des indigènes. Toutefois, certaines particularités tracent les contours d’identités particulières. En France, les soldats noirs engagés dans les tranchées sont mis en...

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