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Vers une Europe latine

Acteurs et enjeux des échanges culturels entre la France et l’Italie fasciste

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Edited By Catherine Fraixe, Lucia Piccioni and Christophe Poupault

L’intensité des échanges culturels entre la France et l’Italie fasciste a longtemps été occultée par les oppositions idéologiques qui ont mené à la Seconde Guerre mondiale. Cet ouvrage collectif, qui retrace les efforts déployés des deux côtés des Alpes pour encourager entre ces deux « nations sœurs » un rapprochement fondé sur une « latinité » partagée, interroge le rôle donné à la culture dans la construction de cette communauté. Il examine comment, dans un contexte de tensions internationales extrêmes, se créèrent de véritables réseaux, aux multiples ramifications, qui, en multipliant les rencontres, les comités, les revues, les expositions et autres manifestations d’une supposée « culture latine », permirent de dessiner un axe Paris-Rome. S’appuyant sur des recherches récentes, il montre que la littérature, les arts visuels, le cinéma se trouvèrent non seulement au cœur des stratégies d’alliance entre la République française et l’Italie de Mussolini, mais aussi, côté français, au centre d’une propagande qui célébra les vertus d’un régime d’ordre à travers l’exemple italien. L’analyse de ces échanges conduit dès lors à réévaluer à la fois l’action des organisations fascistes italiennes en direction des milieux culturels français et celle que développèrent les partisans français de la latinité à des fins de politique intérieure.
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Le rapprochement culturel franco-italien et ses enjeux idéologiques (1933-1935)

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Christophe POUPAULT

Les frustrations italiennes nées des traités de paix qui clôturent la Première Guerre mondiale, accentuées par les différends coloniaux à propos du partage des mandats, du statut des Italiens de Tunisie et de la politique française en Adriatique, ainsi que les désaccords à propos de l’accueil des antifascistes en France contribuent à entretenir des relations tumultueuses entre Paris et Rome pendant les dix ans qui suivent la prise du pouvoir par les fascistes1. En dépit de ces tensions, Mussolini entame à partir de 1925 une nouvelle phase dans sa politique à l’égard de la France face au rapprochement franco-allemand qui commence à se dessiner. Les conversations officielles débutent en décembre 1927 et, à partir de 1930, les sujets de discorde encore nombreux se réduisent au fur et à mesure que la montée du nazisme en Allemagne devient un véritable défi pour le maintien du statu quo européen2. Dans ce contexte, même si des incompréhensions mutuelles persistent de part et d’autre des Alpes, toute une partie de la population française fait de l’alliance avec l’Italie son cheval de bataille au nom d’une proximité culturelle entre les deux peuples que traduit le concept de « latinité ». Cette attitude visant à pérenniser l’union sacrée issue de la Grande Guerre va conditionner l’avenir des relations franco-italiennes. À la fin de l’année 1932, l’espoir de voir se concrétiser une entente entre les deux pays prend forme...

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