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Entre belgitude et postmodernité

Textes, thèmes et styles

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Edited By Marc Quaghebeur and Judyta Zbierska-Moscicka

Un autre livre de cette collection, De la belgitude à la belgité, s’attachait à la fortune critique et au renouvellement foncier que la Belgitude apporta aux études consacrées aux lettres belges francophones. Celui-ci s’attache à la dynamique créatrice elle-même. Il le fait à travers des œuvres qui précèdent, accompagnent ou font suite à ce mouvement de remises en cause et en perspective que fut la Belgitude.
D’Hubert Juin et Henry Bauchau à Pierre Mertens, Thomas Gunzig, Nicole Malinconi, Françoise Mallet-Joris et bien d’autres, le lecteur peut ainsi se colleter à une dynamique littéraire féconde, riche de mille et un jeux d’affirmation/travestissement identitaires. Origine historique et spécificités de ce mouvement sans véritable équivalent européen sont ainsi mises en exergue au travers d’une plongée qui est à la fois celle de la fin de la modernité en Europe et, pour la Belgique, de l’entrée définitive dans le fédéralisme étatique. Le texte éclaire tout autant le perpétuel jeu de rapports belgo-français que l’empreinte du silence d’Auschwitz sur la dynamique de cette génération.
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L’Identité mélancolique de Nicole Malinconi

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Joanna PYCHOWSKA

Université pédagogique de Cracovie

Née en 1946, Nicole Malinconi représente, d’une manière presque stéréotypée, l’écrivain belge « multiple » par ses origines : fille d’une mère wallonne et d’un père immigré italien (de la première immigration italienne), elle a été, selon Marc Quaghebeur, confrontée dès sa naissance au double décalage : « du bilinguisme paternel et celui de la pathologie maternelle – le tout dans un contexte de diglossie wallon-français alors en voie d’affaiblissement. »1 L’écrivaine fait clairement état de cette situation dans le discours « Écriture du réel », qu’elle a prononcé à la Chaire de Poétique de l’Université catholique de Louvain :

J’ai appris la langue française dès ma naissance et, plus tard, j’ai appris l’italien, qui était la langue de mon père. Ma mère parlait aussi le wallon ; elle me l’a appris également, lorsque nous vivions en Italie et qu’on oubliait presque le français. Le wallon était la langue de ses chansons de jeunesse, dans son village, qu’elle me chantait parfois comme si elle regrettait ce temps-là qui, pourtant, était dur. C’était aussi une langue qui nous faisait rire, quand elle insistait sur les mots, sur leur bruit. Nous, on exagérait le bruit, exprès. Elle disait que c’était le wallon de l’Entre-Sambre et Meuse, que celui de Charleroi était le plus vulgaire. Elle parlait français, le plus souvent, comme...

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