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Outiller les parcours professionnels

Quand les dispositifs publics se mettent en action

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Edited By Sophie Bernard, Dominique Méda and Michèle Tallard

Comment évaluer les politiques publiques du travail et de l’emploi ? Quels sont les facteurs explicatifs de leur réussite ou de leur échec ? Cet ouvrage explore des dimensions trop souvent ignorées des décideurs et qui sont pourtant décisives : ambivalence réelle ou supposée des dispositifs, insuffisante prise en compte des effets des politiques sur les identités professionnelles, le métier ou les conditions d’exercice du travail, mauvaise anticipation du processus d’appropriation par les bénéficiaires, etc.
Cet ouvrage traite des effets de dispositifs variés destinés à orienter les carrières ou à équiper les parcours professionnels : gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, validation des acquis de l’expérience, travail en douze heures, etc. Il s’intéresse également aux réorganisations du travail de ceux qui mettent en œuvre les politiques publiques de l’emploi et à leurs effets sur les modes de traitement des usagers.
L’ambition des auteurs est donc de se donner les moyens d’analyser les recompositions, reformalisations, requalifications, et les effets en chaîne, y compris les moins mesurables, entraînés par l’apparition de nouveaux dispositifs ou de nouvelles modalités d’action publique.
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Action publique et changement technologique. Les projectionnistes de cinéma à l’ère numérique

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Action publique et changement technologique

Les projectionnistes de cinéma à l’ère numérique

Aurélie PINTO

IRCAV, Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle

Tout le monde s’est dit « c’est la mort », là, quand on vu les machines, tout le monde a dit « on est morts ».

Opérateur-projectionniste chez UGC, 43 ans

L’équipement des salles de cinéma en appareils de projection numérique, amorcé à la fin des années 2000, est aujourd’hui achevé sur l’ensemble du territoire français. Il a profondément transformé le métier d’opérateur projectionniste dont la raison d’être est fortement remise en cause à la fois du fait de l’obsolescence des compétences techniques des projectionnistes qui manipulaient jusqu’alors des « bobines 35 mm » et du maintien supposé inutile d’une présence humaine en cabine de projection. La profession1 estime ainsi que le « gain de temps » dégagé par la disparition de certains gestes techniques a suscité la suppression d’entre le tiers et la moitié des opérateurs projectionnistes sur cette période, au moins dans les salles de « circuits » (ou grands groupes d’exploitation français à l’image de Pathé-Gaumont, UGC, CGR pour les plus importants d’entre eux)2. Cette évolution est présentée alternativement comme le fruit d’une adaptation inéluctable à une nouvelle technologie censée permettre l’emploi d’une main-d’œuvre moins abondante, ou comme un moyen dissimulé de déqualification généralisée d’un...

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