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Concurrences régionales dans un monde multipolaire émergent

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Sebastian Santander

Cet ouvrage se penche sur le regain d’importance qu’ont pris les organisations régionales dans les relations internationales de l’après-guerre froide marquées, notamment, par l’accélération de la globalisation et de la diffusion du pouvoir mondial. L’ouvrage s’intéresse au rapport des régions à la transformation en cours des équilibres mondiaux et partant au sens qu’elles insufflent à l’ordre international actuel.
Chaque projet régional est porteur à l’extérieur de normes et règles qui lui sont propres, ce qui n’est pas sans produire une concurrence entre groupements. Cette rivalité entre blocs régionaux existe tant au niveau de chaque continent qu’à l’échelle planétaire. Bien que cette concurrence est loin de constituer un phénomène nouveau, elle a pris de l’ampleur avec, notamment, la prolifération de toute une série de méga-blocs régionaux, d’associations transrégionales ou de coopération interrégionale (TTIP, TTP, « une ceinture, une route », Union eurasienne, RCEP, partenariat UE/CELAC, Asem), dont l’objectif premier est de façonner l’ordre mondial en fonction des attentes des acteurs qui les composent.
Il est donc question d’étudier la place et le(s) rôle(s) des groupes régionaux, interrégionaux et transrégionaux émergents dans l’ordonnancement des relations internationales à l’heure de la multipolarisation progressive des affaires mondiales et de la crise de la gouvernance mondiale.
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Interrégionalisme, rivalités économiques et cultures diplomatiques. Une approche historique du processus Asie-Europe (ASEM)

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Interrégionalisme, rivalités économiques et cultures diplomatiques

Une approche historique du processus Asie-Europe (ASEM)

Laurence BADEL

Durant ce dernier quart de siècle, les historiens ont laissé trop longtemps aux politologues et aux économistes, la tâche de réfléchir aux inflexions, à partir des années 1970, d’une relation interrégionale qui a conduit à la naissance d’un processus sui generis : l’Asia Europe Meeting (ASEM) établi en 1996 à la suite du sommet de Bangkok. Ils disposent pourtant d’outils et de sources leur permettant d’apporter une contribution originale à sa compréhension en inscrivant, dans le temps long de la relation entre l’Europe et l’Asie, les modalités du rapprochement de l’Union européenne (UE) et de l’Asie orientale, définie dans cette étude, comme « ce qu’autrefois on appelait l’Extrême-Orient (Chine, Japon, Corée) à quoi s’ajoutent les pays d’Asie du Sud-Est, de la Birmanie jusqu’aux Philippines »1. Ils tiennent compte naturellement du fait que ces appellations « Europe », « Asie » relèvent de catégories construites et évolutives. Les historiens des relations internationales puisent principalement à l’histoire impériale et à l’histoire de l’intégration européenne pour souligner que l’Europe n’a pas l’apanage des constructions régionales et que la relation « Asie-Europe » s’inscrit dans des rapports régionaux pré-établis, au gré de circulations de nature diverse, et dans des systèmes de domination technologique, économique, sociale et politique.

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