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Banque et société, XIXe–XXIe siècle

Identités croisées – Hommage à Pierre de Longuemar

Edited By Florence Descamps, Roger Nougaret and Laure Quennouëlle-Corre

Après une carrière de banquier, Pierre de Longuemar a consacré vingt-cinq ans à l’histoire des banques et à la sauvegarde des archives bancaires, notamment au sein de la banque Paribas, puis du Groupe BNP Paribas. Cet ouvrage rassemble vingt contributions d’amis, de banquiers et d’historiens qu’il a croisés dans cette seconde existence au service du patrimoine et de l’histoire.
Les sujets traités couvrent nombre des intérêts historiques de Pierre de Longuemar et entrent en résonance avec tel ou tel épisode de sa biographie ou de ses activités scientifiques. Trois parties ont été distinguées : l’analyse et la compréhension du système financier international contemporain par des acteurs et des observateurs de premier plan ; des contributions d’histoire économique et bancaire ; des articles d’histoire sociale ou d’entreprise.
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Le Temps et la vocation de l’historien

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Emmanuel de WARESQUIEL

En hommage à Pierre de Longuemar qui habite mes meilleures années

L’éloignement et la distance ont habité mon enfance. « À vingt ans, à trente ans même, il me semblait que la vie passait très au large et comme insaisissable », écrit Gracq quelque part dans ses Carnets en se rappelant la sienne. Le monde passe à côté de vous et on ne le voit pas, on ne l’entend pas. Cela peut tenir à un tempérament comme à des circonstances. À tout cela ensemble en ce qui me concerne : une vie un peu végétative, comme dirait Breton, plantée en plein bocage, dans une campagne de l’ouest de la France encore préservée des villes où les rythmes saisonniers des travaux agricoles tenaient lieu de quiétude, l’absence de frères et de sœurs, des parents plus âgés que ceux de mes amis, le plaisir instinctif des vies insulaires, mais sans océan et certainement sans aucune attirance pour l’infini. Je n’avais pas non plus le goût du passé puisque j’y vivais. Peu celui de la lecture. Je rêvassais, voilà tout. À dix ans, j’étais en Angleterre quand à Paris on interdisait d’interdire. Je n’allais pas au cinéma ni au concert, on me parlait et je n’écoutais pas. Je vivais sous le signe de Robinson et j’inventais, avec Jules Verne, des îles mystérieuses à ma façon. J’étais un peu comme cet Auguste de Fr...

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