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Syndicats et dialogue social

Les modèles occidentaux à l’épreuve

Dominique Andolfatto and Sylvie Contrepois

Une même question a été posée à une équipe de chercheurs spécialisés dans les relations du travail dans les principales économies post-industrielles de ce début du 21e siècle : comment a évolué la régulation sociale dans les entreprises depuis une trentaine d’années ?
Leurs réponses montrent que les restructurations économiques, l’européanisation et la mondialisation ont conduit à d’importants changements, rarement volontaires, dans les relations entre les « partenaires sociaux » : organisations syndicales et patronales, sans oublier l’État, qui joue souvent un rôle d’arbitre. Ainsi, les modèles nationaux hérités du 20e siècle ont été remis en cause. Les particularismes se sont effacés pour laisser place à des cadres plus fragiles et plus fluctuants.
Ce livre dresse un état des lieux précis des principaux changements qui ont affecté les syndicats et le dialogue social dans les entreprises en Europe et Amérique du Nord. Il permet de dépasser les idées reçues concernant les modèles anglo-saxon, scandinave, rhénan et latin.
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Chapitre 15 : Suède : brève histoire du syndicalisme et défis actuels

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CHAPITRE 15

Suède : brève histoire du syndicalisme et défis actuels

Christer THÖRNQVIST, Monica ANDERSSON BÄCK et Jesper HAMARK1

Il ne va pas de soi de déterminer quels sont les premiers syndicats ou les premières organisations de travailleurs en Suède. D’après l’historien libéral Svante Nycander (2008, p. 17), « le syndicalisme est le frère jumeau de l’entreprise capitaliste », à savoir que les entreprises capitalistes et les syndicats sont tous deux nés dans la période qui a immédiatement suivi l’abrogation, en 1846, du décret sur les guildes de 1720 en Suède et l’introduction de la liberté « totale » du commerce et de l’industrie en 1864. Comme dans de nombreux pays, il est sans doute possible dans certains cas de faire remonter leur origine aux guildes. Cependant, le véritable essor syndical s’est produit en 1846, lorsque les guildes sont devenues obsolètes (bien que leur dissolution formelle n’intervienne qu’en 1864). Lorsque les anciens compagnons perdent la protection assurée par le système des guildes, nombre d’entre eux s’inscrivent auprès des caisses de prévoyance prenant en charge l’assurance maladie, les frais d’obsèques et, par la suite, l’assurance chômage. Les premières organisations, de façon non exclusives, sont rattachées aux corps de métiers, mais contrairement aux associations de compagnonnage en grande partie sous le contrôle de maîtres-compagnons, les associations modernes sont indépendantes de l’employeur....

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