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L’élection présidentielle de 1969

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Edited By Frédéric Fogacci, Cédric Francille and Gilles Le Béguec

On réduit fréquemment l’élection présidentielle de 1969 à son origine, la victoire du « non » au référendum du 27 avril 1969, et à une question simple : les institutions de la Ve République peuvent-elles survivre à leur fondateur, le général de Gaulle ? Cela conduit sans doute à sous-estimer le moment de reconfiguration politique que constituent ces élections, ainsi que la part des enjeux sociaux et économiques issus de la crise de Mai 1968 qui animent le dense débat politique de cette soudaine et brève campagne. À travers une étude de la campagne électorale, du regard et de l’investissement de toutes les familles politiques, mais aussi de l’implication des différents acteurs sociaux, cet ouvrage a pour ambition d’apporter un regard novateur sur un moment politique à l’importance souvent sous-estimée, et de revoir l’élection de Georges Pompidou comme l’amorce d’un processus de recomposition politique.
Mêlant contributions scientifiques et témoignages des acteurs et proches collaborateurs de Georges Pompidou (Jean Charbonnel, Robert Poujade et Jean-Pierre Soisson), ce livre résulte d’un colloque tenu les 31 mai et 1er juin 2013 à la Maison de la recherche de l'Université Paris-Sorbonne et organisé par l’Institut Georges Pompidou sur la proposition de Frédéric Fogacci.
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Alain Poher/Georges Pompidou, deux styles de campagne

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Frédéric FOGACCI

L’élection de Georges Pompidou à la présidence de la République en 1969 a-t-elle été une évidence, comme la largesse de l’écart au second tour pourrait le laisser à penser ?1 Alain Poher a-t-il véritablement, comme il l’écrit dans ses mémoires, considéré son élection dès l’origine comme impossible2 et quel était dès lors le sens de sa candidature ? La campagne électorale n’a-t-elle pas finalement constitué un affrontement entre deux styles politiques, deux conceptions de la présidence de la République, et n’a-t-elle pas, dès lors, servi de tremplin à Georges Pompidou pour entrer en fonction à ses conditions et pourvu d’une réelle dynamique politique qui outrepassait celle d’incarner un changement limité et rassurant à la suite du général de Gaulle ?

Considérer la réponse à ces questions comme évidente revient sans doute à avoir de la campagne électorale de mai-juin 1969 une vision téléologique, et ce pour trois raisons. D’abord, au moment où s’ouvre cette période de 50 jours qui vont conduire de la démission du général de Gaulle à son élection, Georges Pompidou a lié son sort à la défense du Oui au référendum du 27 avril 1969, pour lequel il a mené campagne, combattant fermement ceux qui le soupçonnaient de jouer la défaite, tandis qu’Alain Poher se trouve nimbé de la dynamique politique née de la victoire nette du Non...

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