Show Less
Restricted access

Les Amériques au fil du devenir

Écritures de l’altérité, frontières mouvantes

Series:

Edited By Fatiha Idmhand, Cécile Braillon-Chantraine, Ada Savin and Hélène Aji

Il n’est pas si courant de réunir des spécialistes de différentes cultures et littératures des Amériques plutôt habitués à se retrouver dans des manifestations distinctes, selon leur champ de spécialisation et en fonction des langues ou civilisations étudiées, des classements par époques ou courants, tant dans le domaine des littératures que dans celui des autres expressions artistiques.
Interroger ainsi ce qu’on pourrait appeler « les littératures des Amériques » comme ensemble soumis conjointement aux regards critiques de spécialistes des Nords et des Suds américains ne va donc pas de soi et n’est pas chose commune dans le domaine de la recherche en sciences humaines. Les travaux réunis dans cet ouvrage veulent nous situer au cœur de la bibliothèque évoquée par Jorge Luis Borges dans ses Ficciones, dans l’Univers du Multiple dans l’Un, dans la grande archive de la littérature, pour la comprendre autrement, dans sa complexité et ses mouvements.
Show Summary Details
Restricted access

Nouvelles cartographies dans la littérature brésilienne : textualités amérindiennes

Extract



Eurídice FIGUEIREDO

Universidade Federal Fluminense

Politiques de la mémoire

Andreas Huyssen remarque que nous vivons sous le signe de la mémoire1. En effet, on peut constater qu’il y a une prolifération de discours sur la mémoire, soit de caractère politique, dans la lutte pour contrôler la mémoire collective, soit de caractère plus individuel, à travers les « écritures de soi ». Dans les grandes métropoles, on assiste à une monumentalisation et à une muséification de la mémoire et, paradoxalement, en même temps, on se rend compte que le monde oublie plus qu’il ne se souvient. Régine Robin, dans un livre intitulé La mémoire saturée, affirme : « Cet excès de mémoire qui nous envahit aujourd’hui pourrait bien n’être qu’une figure de l’oubli. Car le nouvel âge du passé est celui de la saturation »2.

Jacques Le Goff signale l’importance de la mémoire collective dans le jeu de forces du pouvoir, affirmant que les oublis et les silences de l’histoire sont révélateurs de ces mécanismes de manipulation de la mémoire collective3. Walter Benjamin avait déjà dénoncé le fait que les historiens positivistes ont de l’empathie pour les vainqueurs, écrivant, ainsi, leur histoire et non pas celles des vaincus. Il faudrait donc à chaque époque arracher la tradition au conformisme qui cherche à s’en accaparer4. ← 121 | 122 →

Comme remarque Régine Robin, le...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.