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Les Amériques au fil du devenir

Écritures de l’altérité, frontières mouvantes

Series:

Fatiha Idmhand, Cécile Braillon-Chantraine, Ada Savin and Hélène Aji

Il n’est pas si courant de réunir des spécialistes de différentes cultures et littératures des Amériques plutôt habitués à se retrouver dans des manifestations distinctes, selon leur champ de spécialisation et en fonction des langues ou civilisations étudiées, des classements par époques ou courants, tant dans le domaine des littératures que dans celui des autres expressions artistiques.
Interroger ainsi ce qu’on pourrait appeler « les littératures des Amériques » comme ensemble soumis conjointement aux regards critiques de spécialistes des Nords et des Suds américains ne va donc pas de soi et n’est pas chose commune dans le domaine de la recherche en sciences humaines. Les travaux réunis dans cet ouvrage veulent nous situer au cœur de la bibliothèque évoquée par Jorge Luis Borges dans ses Ficciones, dans l’Univers du Multiple dans l’Un, dans la grande archive de la littérature, pour la comprendre autrement, dans sa complexité et ses mouvements.
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« Benito Cereno » d’Herman Melville : le spectre de la domination espagnole

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Michel IMBERT

Université Paris Diderot

La fragata de las máscaras de Tomás de Mattos1 s’inspire librement d’un récit d’Herman Melville, « Benito Cereno », lui aussi composé à partir du témoignage autobiographique d’Amasa Delano2 qui incluait les minutes du procès qui avait opposé le capitaine américain à son confrère espagnol auquel il avait porté secours. À l’instar de Tomás de Mattos, Melville se livrait déjà à un travail de réécriture et suppléait au silence des sources. La nouvelle de Melville est un palimpseste et c’est ce processus d’élaboration à partir du canevas fourni par des textes antérieurs que nous tâcherons de mettre en lumière. Par ailleurs, il y a tout lieu de comparer ces deux auteurs, malgré leur éloignement dans l’espace et le temps, car si Hawthorne dans The Scarlet Letter ne dépassait guère les limites du poste de douane, en revanche, Melville, dès 1855, s’aventurait loin des frontières nationales et hors des eaux territoriales nord-américaines, non seulement du côté de Haïti (l’ancienne Hispaniola) puisque la révolte des esclaves à bord du San Dominick évoque la révolution de Saint Domingue, mais jusqu’en Amérique du Sud, aux confins de la Terre de feu. Dans Benito Cereno3, au fil de la traversée, une translation s’opère des Antilles à l’île de Santa Maria au large du Chili, puis au Pérou, à Lima. La scène nord-américaine s’est...

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