Show Less
Restricted access

Rollon : de l’histoire à la fiction

État des sources et essai biographique

Liliane Irlenbusch-Reynard

Lorsque Rollon et sa bande s’établissent en basse Seine, depuis plus d’un siècle déjà, l’Occident chrétien est victime des raids vikings. Après les régions côtières, les bassins fluviaux sont la proie des pillards. Dans un premier temps, l’Empire carolingien résiste efficacement, mais à partir des années 840, affaibli par les conflits internes, la défense vacille. Les Vikings remontent les fleuves et leurs affluents, et pillent cités et monastères. Puis ils prélèvent des tributs et finalement certains décident de s’établir, sollicitant alors une reconnaissance officielle de la part du prince souverain du pays. Ainsi, en 911 à Saint-Clair-sur Epte, Rollon obtient de Charles le Simple Rouen et sa région. Ce sera la seule principauté viking qui ne connaîtra pas un destin éphémère. Pourtant, de ce chef scandinave fondateur de la Normandie et de son parcours, on ne sait finalement que peu de chose avec certitude. Était-il danois ou norvégien ? Cette question suscita la polémique. Aussi cette étude s’attache-t-elle en premier lieu à donner au lecteur accès aux sources, à savoir aux sagas, chroniques et autres écrits de l’Occident chrétien, qui gardent mémoire du chef viking. Au fil de l’exposé, on découvre les spécificités des différentes traditions historiographiques et des contextes géo-politiques et culturels d’où proviennent ces témoignages ; on découvre également comment les informations circulaient, traçant les contours d’une Europe allant de l’Islande à la Sicile. Et finalement, c’est un scénario qui s’affirme, celui du parcours de Rollon, au plus près de l’histoire.
Show Summary Details
Restricted access

7 Liens et contacts au sein du paysage historiographique

Extract



Nous avons choisi de distinguer six matières historiographiques, une classification distinguant six espaces culturels, les domaines franc, normand – né certes de l’espace franc, mais se singularisant à partir du Xe siècle –, scandinave, anglo-saxon, gallois et italo-sicilien. Comme nos intitulés de chapitres en témoignent, nous avons réservé le terme tradition aux seules matières dont l’unité était telle que cette appellation pouvait sans contexte se justifier à savoir à l’historiographie normande, l’historiographie anglo-saxonne qui – intégrant progressivement et sélectivement le témoignage des sources normandes – devint anglo-normande tout en gardant sa singularité et son unité, celle née dans la principauté normande italo-sicilienne, et – au sein de la matière scandinave – à l’historiographie norvégo-islandaise d’une part et les sources danoises d’autre part, distinguant donc dans cet espace culturel deux traditions.1 Il s’agissait de choisir une classification qui tienne compte de l’unité de chaque domaine culturel sans pour autant gommer les particularités des différents témoignages historiographiques au sein de chacun de ces espaces. Certes, comme tout classification, elle a ses limites mais elle a permis, à notre avis, une étude aussi systématique que possible des sources, étude révélant le caractère compilatif de chaque matière, mais également les divergences au sein de chacune, et entre les différentes historiographies, éclairant finalement aussi bien les continuités que les inédits de chacun des témoignages. Nous avons essayé de replacer chaque témoignage dans son contexte, de préciser autant qu’il...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.