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L’antipassif dans les langues accusatives

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Katarzyna Janic

Inscrit depuis quarante ans dans le domaine de la syntaxe, le phénomène de l’antipassif est traditionnellement associé aux langues à alignement ergatif. Ce travail cherche donc à savoir si la corrélation de l’antipassif avec l’alignement ergatif se vérifie sur l’axe translinguistique. En d’autres termes, jusqu’à quel point doit-on insister sur la dépendance entre l’antipassif et l’alignement ergatif ? Pour comprendre pourquoi le phénomène de l’antipassif a longtemps été négligé dans la description des langues accusatives et quels sont les arguments en faveur d’une telle analyse, cette étude s’appuie sur une approche translinguistique et sur une vision bipolaire relative aux domaines de la syntaxe et de la sémantique.
Dans cet ouvrage, l’auteur s’attache à l’analyse descriptive des constructions antipassives formellement marquées. Étant donné qu’une certaine proportion de langues ergatives utilise, pour dériver l’antipassif, la marque polysémique réfléchie et/ou réciproque, cette étude s’est penchée sur les langues accusatives dont la marque antipassive présente la même caractéristique, d’où l’intérêt porté aux langues austronésiennes, du Niger-Congo, Nilo-sahariennes, turciques, et indoeuropéennes, en particulier aux langues slaves et romanes.
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Chapitre 2. L’antipassif dans les langues austronésiennes à alignement accusatif

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CHAPITRE 2

L’antipassif dans les langues austronésiennes à alignement accusatif

La famille austronésienne comprend plusieurs divisions dont la plus vaste concerne le groupe océanien sur lequel portera notre attention. À son tour, le groupe océanien englobe diverses branches parmi lesquelles les branches occidentale et centre-orientale sont particulièrement concernées par notre étude :

Tableau 51. Langues océaniennes considérées dans l’étude

Le chapitre 2 vise à explorer la polysémie réciproque-antipassif dans le groupe océanien. Pour ce faire, nous nous appuierons sur les données des langues présentées dans le tableau ci-dessus. Les données sont extraites essentiellement des travaux de Ozanne-Rivierre (1976), Moyse-Faurie (1983, 2008), Lichtenberk (1983, 1985, 1991, 2000, 2007, 2008), Schütz (1985), Dixon (1988), Bril (2005), Schlie (1983), Davis (2003) et B. Evans (2003). Alors que les premiers étudient les différents outils grammaticaux mis en place pour encoder des situations réciproques, réfléchies et moyennes dans la branche centre-orientale, Schlie (1983), Davis (2003) et B. Evans (2003) étudient la problématique de la polysémie du marqueur de réciprocité dans la branche occidentale.

Dans la mesure où cette étude s’organise autour des langues accusatives, la référence aux langues austronésiennes nécessite un commentaire. Certains linguistes (p.ex. Gibson et Starosta 1990) reconstruisent le proto-océanien et le proto-austronésien comme des langues ergatives, d’autres encore (p.ex. Ross 2004) les...

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