Show Less
Restricted access

L’antipassif dans les langues accusatives

Series:

Katarzyna Janic

Inscrit depuis quarante ans dans le domaine de la syntaxe, le phénomène de l’antipassif est traditionnellement associé aux langues à alignement ergatif. Ce travail cherche donc à savoir si la corrélation de l’antipassif avec l’alignement ergatif se vérifie sur l’axe translinguistique. En d’autres termes, jusqu’à quel point doit-on insister sur la dépendance entre l’antipassif et l’alignement ergatif ? Pour comprendre pourquoi le phénomène de l’antipassif a longtemps été négligé dans la description des langues accusatives et quels sont les arguments en faveur d’une telle analyse, cette étude s’appuie sur une approche translinguistique et sur une vision bipolaire relative aux domaines de la syntaxe et de la sémantique.
Dans cet ouvrage, l’auteur s’attache à l’analyse descriptive des constructions antipassives formellement marquées. Étant donné qu’une certaine proportion de langues ergatives utilise, pour dériver l’antipassif, la marque polysémique réfléchie et/ou réciproque, cette étude s’est penchée sur les langues accusatives dont la marque antipassive présente la même caractéristique, d’où l’intérêt porté aux langues austronésiennes, du Niger-Congo, Nilo-sahariennes, turciques, et indoeuropéennes, en particulier aux langues slaves et romanes.
Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 7. Différentes sources de développement de l’antipassif

Extract

| 241 →

CHAPITRE 7

Différentes sources de développement de l’antipassif

Après avoir étudié le phénomène de l’antipassif dans différentes familles de langues accusatives, nous allons maintenant tenter de reconstruire les processus évolutifs qui peuvent donner naissance à des marqueurs polysémiques réfléchi / antipassif et réciproque / antipassif. Cependant, cette voie doit être suivie avec précaution, car mis à part le développement du réfléchi vers l’antipassif, toutes les autres hypothèses que nous souhaitons exposer revêtent un caractère plutôt spéculatif.

Dans cette étude, nous avons décidé de nous focaliser sur les marqueurs d’antipassif qui coïncident avec un marqueur de réfléchi ou de réciproque. Mais il ne faut surtout pas s’emprisonner dans la pensée selon laquelle l’antipassif n’aurait pour origine que deux sources. D’autres possibilités existent (même dans les langues accusatives). Jacques (2014) propose un suffixe nominal comme source possible de la marque antipassive en japhug, langue ergative. Le même auteur signale que selon Fortescue (1996), dans la famille eskaleut (‘Eskimo-Aleut’), le morphème antipassif s’est développé à partir du verbe ‘get’. Parmi les langues accusatives, le nahuatl, langue uto-aztèque, témoigne un préfixe antipassif ayant pour origine un objet indéfini / générique (Langacker 1997 : 46). En mandinka et en soninké, deux langues mandé, il a été proposé que les morphèmes antipassifs (-ri en...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.