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La pénurie en eau est-elle inéluctable ?

Une approche institutionnaliste de l’évolution du mode d’usage de l’eau en Espagne et au Maroc

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Arnaud Buchs

Sécheresse, aridité, pénurie en eau, sont des termes parfois présentés comme synonymes. Questionnant cette apparente évidence, l’auteur focalise son analyse sur la notion de pénurie en eau et oppose aux travaux centrés sur la rareté physique des ressources en eau une approche qui place les usages de l’eau au cœur de l’explication. Tiré d’une thèse de doctorat, cet ouvrage propose un examen des principaux indicateurs de pénurie (notamment celui de « stress hydrique ») et conduit à caractériser la pénurie comme un phénomène à la dimension anthropique prononcée : il est en grande partie socialement construit, géographiquement et historiquement situé. L’analyse historique de l’évolution du mode d’usage de l’eau de part et d’autre de la Méditerranée révèle des similitudes quant à la manière de se représenter l’eau comme une simple ressource dont l’abondance ne serait limitée que par le dynamisme des infrastructures hydrauliques (barrages, forages, usines de dessalement, etc.). Par le biais d’une approche en économie institutionnaliste, historique et pragmatique qui restitue les justifications à l’origine des règles d’usage de l’eau, l’auteur propose des éléments de compréhension de l’avènement d’une pénurie en eau au Maroc et en Espagne et discute les solutions proposées pour tenter d’y faire face et qui participeraient de l’émergence d’un nouveau mode d’usage de l’eau.
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Préface

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Bernard BARRAQUÉ

Directeur de recherches émérite CNRS (UMR CIRED, ENPC-AgroParisTech-EHESS)

Issu d’une thèse d’économie institutionnaliste à l’Université de Grenoble, l’ouvrage d’Arnaud Buchs est impressionnant par la qualité et la quantité du travail conduit sur des terrains espagnol et marocain. Mais c’est aussi un témoignage de la richesse des approches menées dans cette université, autour de Bernard Billaudot et, pour ce qui concerne l’eau au Maghreb, de René Arrus (ce dernier trop tôt disparu). Le premier, comme on le lira dans les pages qui suivent, a proposé une typologie éclairante des normes, en croisant une entrée distinguant la technique et le social, avec une entrée distinguant la qualification (le discours légitimateur) et l’usage (la pratique). Cette typologie systémique est mobilisée pour analyser la constitution et le fonctionnement, puis la crise, d’un « mode d’usage de l’eau » dans une démarche institutionnaliste historique et pragmatique. Cela conduit Arnaud Buchs à construire sa modélisation de l’eau comme objet socio-technico-naturel dans une analyse en longue durée, portant sur les deux siècles de la période contemporaine. Et ainsi, il se rapproche des travaux initiés par nos collègues suisses sur les régimes institutionnels de ressources1, du tout récent livre d’écologie politique d’Erik Swyngedouw appliquée à l’Espagne hydraulique2, ou encore de l’extraordinaire analyse de la formation du capitalisme comme façon de regarder le monde de Timothy Mitchell, à travers la politique foncière, ← 11...

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