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Anna Akhmatova et la poésie européenne

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Edited By Tatiana Victoroff

À partir de la figure centrale d’Anna Akhmatova, emblématique de l’âge d’argent russe, à travers les complexes rapports d’opposition et de filiation que la poésie russe entretient avec l’Europe depuis le début du XIX e siècle, des chercheurs, des poètes, des traducteurs s’interrogent sur l’existence d’une « poésie européenne », unifiée par le regard de celle qui, de son pays à la frontière de deux continents, y est à la fois extérieure et en est très profondément l’héritière. Les notions comparatistes traditionnelles d’analogie, de parenté et d’influence se laissent préciser et affiner au regard d’une œuvre composée comme un immense chœur accordé selon de nouvelles lois et faisant de la parole poétique une source, voire la seule, de l’existence, dépassant peut-être ainsi toute notion de poésie nationale pour toucher à l’universel.
Les contributions de chercheurs comparatistes ou slavisants, français et russes, s’organisent selon plusieurs axes – Akhmatova en dialogue avec les poètes européens ; Akhmatova comme poète européen ; les questions de traduction et de transmission – mais l’ouvrage inclut également les témoignages de poètes et d’intellectuels au sujet de leur rencontre avec Akhmatova ou à travers la lecture de ses vers. Il propose également de nouvelles traductions d’Akhmatova en français. Enfin, des poèmes inédits d’auteurs européens contemporains qui ont composé sous l’inspiration akhmatovienne témoignent de l’écho européen d’une voix contre laquelle la censure s’est acharnée sans l’étouffer et qui reste un surgeon toujours fécond dans la lignée de la poésie la plus existentielle.
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« La plus belle fleur du vers russe » : Renato Poggioli traducteur d’Anna Akhmatova en Italie

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« La plus belle fleur du vers russe » : Renato Poggioli traducteur d’Anna Akhmatova en Italie

Laura TOPPAN

Université de Lorraine, Nancy

Renato Poggioli (1907-1963) a été sans aucun doute l’un des comparatistes italiens les plus importants du XXe siècle. Véritable « marathonien de la culture »1 et polyglotte extraordinaire – il parlait italien, russe, tchèque, anglais, français, allemand –, il passait avec une facilité étonnante d’une littérature à l’autre, avec une prédilection pour les lettres slaves, dont il fut l’un des principaux et des plus précoces diffuseurs en Italie. Il fut collaborateur de revues comme « Solaria » ou « Circoli » et il participa activement au débat critique et littéraire des années 1930, qui était concentré surtout à Florence, la capitale littéraire de l’époque. En 1929, à savoir dans une période historique difficile pour la péninsule italienne2, il obtient sa maîtrise à la faculté de Lettres et Philosophie de Florence avec un mémoire sur le symbolisme chez Alexandre Blok3. Selon le témoignage, probablement un peu « fantaisiste », de Tommaso Landolfi4, étudiant dans la même université, ← 215 | 216 → Poggioli aurait appris le russe tout seul, après s’être enfermé chez lui pendant deux mois :

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