Show Less
Restricted access

Quand le social vient au sens

Philosophie des sciences historiques et sociales

Series:

Johann Michel

Quand le social vient au sens ouvre un dialogue novateur entre philosophie et sciences sociales et historiques, à la croisée de la tradition socio-phénoménologique héritée de l’œuvre pionnière de Schütz et de la tradition herméneutique de Dilthey à Ricœur. Un même fil conducteur parcourt la trame du livre : seule la « voie longue » de l’herméneutique, en reconnaissant la doublure de l’acte d’interpréter (à la fois comme pratique ordinaire au plan anthropologique et comme activité scientifique au plan épistémologique), peut se coordonner avec les réquisits d’une sociologie phénoménologique du monde-de-la-vie. L’ouvrage offre, sous ce cadre, toute une palette de réflexions qui concernent aussi bien l’épistémologie de l’histoire que la sociologie des institutions et l’anthropologie sociale du soi. Dans ce mouvement de va-et-vient entre réflexivité sur les sciences humaines et réflexivité des agents ordinaires sur leurs actions, l’auteur confronte en même temps l’herméneutique avec d’autres auteurs (Weber, Goffman, Foucault, Boltanski, Strawson, etc.) et autant de traditions correspondantes (positivisme, sociologies pragmatistes et pragmatiques, philosophie analytique).
Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 3. Subjectivation et institution totale

← 110 | 111 → CHAPITRE 3

Extract

Le chapitre précédent, en raison de sa portée générale, pâtit d’un manque partiel d’attention aux distinctions des institutions entre elles. S’il y a des caractéristiques propres à toute institution que l’on a essayé de thématiser à travers des « ordres du sens », il est essentiel de mettre en lumière la spécificité de certaines institutions notamment au regard de la question de l’autonomie personnelle et des dispositifs de violence physique et symbolique. On souhaiterait ainsi pointer notre regard plus en profondeur sur l’échelle micro-sociologique évoqué précédemment où se joue le rapport des individus « en chair et en os » à des institutions dont la particularité consiste à retirer toute forme d’autonomie personnelle.

À travers l’analyse en détail d’un récit particulier – l’expérience racontée par P. Levi dans Si c’est un homme2 – on se propose de puiser dans la boîte à outils conceptuels de l’interactionnisme symbolique en vue d’examiner les techniques par lesquelles l’institution concentrationnaire s’est employée à détruire de manière méthodique et systématique l’identité personnelle des reclus, pour en faire des autres hommes. On n’ignore pas les limites de notre investigation qui ne s’en tient essentiellement qu’à l’étude d’un témoignage – celui du récit de P. Levi – sans chercher à le recouper systématiquement avec d’autres sources3. Il n’est donc pas question de généraliser nos conclusions à d’autres expériences similaires.

Refusant de monter en généralité, notre étude se borne...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.