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Lotze et son héritage

Son influence et son impact sur la philosophie du XXe siècle

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Federico Boccaccini

Rudolf Hermann Lotze (1817–1881) fut l’une des figures majeures de la philosophie allemande au XIXe siècle. Philosophe, logicien, psychologue, médecin, il a connu à son époque une renommée extraordinaire. Professeur de philosophie à l’Université de Göttingen, où il succéda à Herbart, il mena un parcours de recherche aussi original qu’influent. Entre romantisme et positivisme, entre naturalisme et historicisme, sa doctrine ne s’est jamais confondue avec les courants les plus importants de son époque. Admirée et suivie, autant en Allemagne qu’à l’étranger, sa pensée fut ensuite, après sa mort, condamnée à l’oubli en raison de son supposé éclectisme méthodologique et, finalement, classée sous la rubrique ambiguë d’« idéal-réalisme ». Le legs de Lotze s’inscrit dans un rapport complexe à la phénoménologie, à la philosophie analytique naissante, au pragmatisme américain et au néokantisme allemand jusqu’à Heidegger. L’analyse de ce legs n’a cependant jamais bénéficié d’une réflexion critique capable d’en mesurer la portée et les limites. Par un travail d’évaluation historico-critique, ce volume se propose de combler cette lacune.
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De la formation de la notion d’espace : la théorie des signes locaux

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De la formation de la notion d’espace

La théorie des signes locaux*

Rudolf Hermann LOTZE

[372] Bien des questions se pressent relativement à l’origine de nos notions d’espace, et la plupart sont peu faciles à résoudre. Nulle part, plus que sur ce terrain, on ne trouverait d’hypothèses sans fondement et par elles-mêmes inadmissibles ; nulle part ailleurs on n’a si souvent confondu la solution du problème avec ses données. Nous n’espérons pas beaucoup changer pour l’avenir cet état de choses ; nous nous risquons cependant à présenter quelques considérations générales, qui serviront peut-être à détourner de chemins impraticables et sans issue les chercheurs d’explications. Nous réserverons aux discussions spéciales tout ce que nous ne regardons que comme des hypothèses vraisemblables, et nous ne nous occuperons d’abord que de ce que nous considérons comme maxime indispensable de recherche.

Il faudrait en être resté au génie enfantin des premiers âges pour parler encore d’images, qui, se détachant des objets extérieurs, pénètrent dans l’âme par la porte des sens. Nous savons maintenant que tout ce qui est hors de nous reste hors de nous, et que les impressions qui en émanent ne peuvent que déterminer l’âme à puiser dans le fond de sa propre nature les sensations qui répondront à leur appel. Si cela est vrai des qualités simples que nous croyons voir dans les choses...

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