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Lotze et son héritage

Son influence et son impact sur la philosophie du XXe siècle

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Federico Boccaccini

Rudolf Hermann Lotze (1817–1881) fut l’une des figures majeures de la philosophie allemande au XIX e siècle. Philosophe, logicien, psychologue, médecin, il a connu à son époque une renommée extraordinaire. Professeur de philosophie à l’Université de Göttingen, où il succéda à Herbart, il mena un parcours de recherche aussi original qu’influent. Entre romantisme et positivisme, entre naturalisme et historicisme, sa doctrine ne s’est jamais confondue avec les courants les plus importants de son époque. Admirée et suivie, autant en Allemagne qu’à l’étranger, sa pensée fut ensuite, après sa mort, condamnée à l’oubli en raison de son supposé éclectisme méthodologique et, finalement, classée sous la rubrique ambiguë d’« idéal-réalisme ». Le legs de Lotze s’inscrit dans un rapport complexe à la phénoménologie, à la philosophie analytique naissante, au pragmatisme américain et au néokantisme allemand jusqu’à Heidegger. L’analyse de ce legs n’a cependant jamais bénéficié d’une réflexion critique capable d’en mesurer la portée et les limites. Par un travail d’évaluation historico-critique, ce volume se propose de combler cette lacune.
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Le monde du représentable : de Lotze à la phénoménologie

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Le monde du représentable

De Lotze à la phénoménologie

Arnaud DEWALQUE

Université de Liège, Liège (Belgique)

Parmi les philosophes allemands jouissant d’une position institutionnelle forte dans la seconde moitié du XIX e siècle, Rudolf Hermann Lotze fut sans doute l’un des plus influents. Il enseigna pendant plus de trente ans à Göttingen (1844-1880), sur l’ancienne Chaire de Herbart, avant de terminer sa carrière académique à la prestigieuse Université de Berlin (1880-1881), où Dilthey lui succéda. Wilhelm Windelband le décrit comme « la figure de loin la plus significative parmi les épigones de la philosophie allemande » (Windelband, 1950 : 544). Pourtant, Lotze est précisément resté, en un sens, un épigone. Comme le rapporte Carl Stumpf, « malgré sa longue activité d’enseignement dans une seule et même université, et malgré l’effet retentissant de ses écrits, Lotze – c’est de notoriété publique – n’a pas fondé d’école » (Stumpf, 1918 : 110). Ce constat, ajoute Stumpf, n’est pas en soi négatif. Il s’explique par le fait que Lotze se contentait le plus souvent, dans ses enseignements écrits et oraux, d’esquisser prudemment les problèmes plutôt que de les trancher au moyen de grandes affirmations dogmatiques, qui auraient précisément été susceptibles de constituer un noyau doctrinal repris par ses étudiants. Si cela est sans doute vrai1, il faut néanmoins reconnaître à Lotze la paternité de certaines conceptions philosophiques originales, comme la théorie des signes...

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