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Histoire, Forme et Sens en Littérature

La Belgique francophone – Tome 1 : L’Engendrement (1815–1914)

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Marc Quaghebeur

La Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d’un pays moderne. Il ne correspond pas à l’équation Langue/État/Nation.
De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d’elle-même et porteuse de chefs-d’œuvre dans lesquels s’inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.
Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d’une grande richesse.
Dans ce premier tome d’une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIXe siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l’armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.
Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l’Histoire et l’historiographie littéraire, au-delà de l’approche canonique traditionnelle.
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Aux confins du réel ; au bord du fantastique

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Toutes les Histoires sont singulières. Toutes possèdent leur logique propre ; mais, dans le concert des nations, toutes n’ont apparemment pas, pour autant, de légitimité ou de droits comparables. Chacune doit, en outre, trouver ses propres modes d’expression et de lecture.

Il n’en va pas autrement en littérature, lieu où l’articulation entre Langue, Forme, Imaginaire et Réalité a à se tramer dans le creuset, toujours singulier et collectif à la fois, de la subjectivité d’un écrivain – et des singularités de la langue dans laquelle il écrit. Loin de l’État-Nation mais dans la langue qui l’inventa, qu’en est-il d’un pays, tel la Belgique, qui ne possède pas de langue propre, mais dont l’originalité par rapport aux autres États européens se manifesta à maintes reprises, notamment entre 2009 et 2011 au travers d’une année et demie de vie nationale gérée par un gouvernement fédéral qui n’était pas de plein exercice, mais avec des gouvernements des entités fédérées, qui l’étaient, eux. Cette situation n’a pas manqué de susciter, chez la plupart de nos voisins, des commentaires exempts d’analyse mais non de clichés.

Une autre histoire que celle des canons dominants

Qu’en est-il donc de la présence et des formes de présence de l’Histoire au sein de sa production littéraire de langue française ? Une littérature qui non seulement n’est pas la seule dans ce...

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