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Histoire, Forme et Sens en Littérature

La Belgique francophone – Tome 1 : L’Engendrement (1815–1914)

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Marc Quaghebeur

La Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d’un pays moderne. Il ne correspond pas à l’équation Langue/État/Nation.
De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d’elle-même et porteuse de chefs-d’œuvre dans lesquels s’inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.
Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d’une grande richesse.
Dans ce premier tome d’une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIXe siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l’armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.
Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l’Histoire et l’historiographie littéraire, au-delà de l’approche canonique traditionnelle.
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De Paris à Bruxelles. Et de Bruxelles à Paris

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Circulations théâtrales

Si, comme l’a bien montré Gustave Charlier1, 1848 constitue le moment décisif du déclin du drame romantique en Belgique, cette année n’en voit pas moins représentée avec succès, à Bruxelles (au Théâtre des Galeries), puis à Paris (au Théâtre Français), Hélène de Tournon d’Édouard Wacken2. Le sujet avait, il est vrai, bien des atouts pour faire chavirer les cœurs de l’époque puisqu’il relate la tragique passion d’une suivante de la reine Margot pour un puissant seigneur des anciens Pays-Bas, au temps de don Juan d’Autriche3. Un franc succès salua également, à la Monnaie, les représentations bruxelloises de Agneessens de Gustave Vaëz4, ce Belge prodigue qui, cette fois, dut à son triomphe bruxellois de voir son œuvre montée à l’Odéon l’année suivante. 1848 voit par contre Paris et Bruxelles prendre des attitudes contrastées à l’égard de l’Agnès de Méranie de Ponsard ; et Liège bouder, pour la première fois, Rachel5 venue y jouer Lucrèce.

L’incident reste toutefois relativement exceptionnel dans un système d’échanges qui fonctionne alors plutôt à sens unique. Du moins, lorsqu’il s’agit du théâtre qui n’est pas de divertissement. L’engouement que suscitèrent, à Bruxelles comme à Paris, les pièces comiques d’Alfred Hennequin6, la réception parisienne enthousiaste de certaines comédies de Flor ← 171 | 172 → O’Squarr7 ou le va-et-vient des directeurs de théâtre de variét...

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