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Histoire, Forme et Sens en Littérature

La Belgique francophone – Tome 1 : L’Engendrement (1815–1914)

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Marc Quaghebeur

La Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d’un pays moderne. Il ne correspond pas à l’équation Langue/État/Nation.
De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d’elle-même et porteuse de chefs-d’œuvre dans lesquels s’inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.
Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d’une grande richesse.
Dans ce premier tome d’une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIXe siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l’armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.
Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l’Histoire et l’historiographie littéraire, au-delà de l’approche canonique traditionnelle.

Les deux premiers volumes de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone ont été récompensés en 2017 du prix Lucien Malpertuis.

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S’inventer entre historisation et carnavalisation

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En cinquante ans, le processus qui voit naître et se développer en Belgique, parallèlement à la croissance économique du pays, une production littéraire spécifique en langue française franchit rapidement les étapes qui voient Charles De Coster, dès 1867, sauter le pas permettant de faire Œuvre (et donc Sens) au sens fort. Ce faisant – dût le temps de l’évidence de cette œuvre et de la singularité de cette littérature se faire encore long –, l’on sort de fait du statut de littérature périphérique. De Coster parle, lui, de « provinciale ».

Le fonctionnement du système culturel et identitaire de la France ainsi que son intériorisation comme valeur absolue par nombre de non-Français rendaient audacieuse, voire périlleuse, l’opération de De Coster. De son vivant, ce dernier n’en retira d’ailleurs aucun profit. La génération de 1880 s’empara en revanche de ce roman hors normes qui accomplissait dans la Forme et dans la Langue le mythe et l’espérance de ces écrivains. Il donnait à lire une première Œuvre emblématique en français d’une Littérature ouvertement diffférente et spécifique. La reconnaissance de cette évidence pour tout Francophone, comme de cette nécessité, devra toutefois attendre un petit siècle – et les œuvres de Kateb Yacine, Mohammed Khaïr-Eddine ou Patrick Chamoiseau, pour ne plus apparaître comme un hapax.

S’inventer une mythologie propre ou inscrire son Histoire propre...

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