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Histoire, Forme et Sens en Littérature

La Belgique francophone – Tome 1 : L’Engendrement (1815–1914)

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Marc Quaghebeur

La Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d’un pays moderne. Il ne correspond pas à l’équation Langue/État/Nation.
De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d’elle-même et porteuse de chefs-d’œuvre dans lesquels s’inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.
Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d’une grande richesse.
Dans ce premier tome d’une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIX e siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l’armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.
Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l’Histoire et l’historiographie littéraire, au-delà de l’approche canonique traditionnelle.
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Un regard étranger asseoit le mythe de la Belgique. Magrice en Flandre de Georges Eekhoud

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Un regard étranger asseoit le mythe de la Belgique

Magrice en Flandre de Georges Eekhoud

En 1928, les éditions de la Renaissance du livre publient le dernier roman du romancier naturaliste Georges Eekhoud (1854-1927), Magrice en Flandre ou le Buisson des mendiants, paru au préalable, en version illustrée à tirage restreint, l’année même du décès de l’auteur. Sous-titré roman picaro-chevaleresque – ce qui n’est pas sans l’inscrire d’emblée dans un certain horizon de traditions romanesques que n’eût pas désavoué Charles De Coster – ce récit est considéré par son auteur, dans la dédicace à son féal et filial Henri Kerels1, comme un récit « volontairement anachronique »2. Quasi testamentaire, le roman d’Eekhoud s’ouvre par un chapitre intitulé « Une lacune à combler dans les “Lusiades” de Camoëns ». De ce livre, qui constitue donc un curiosa à un double titre, il n’est presque jamais question dans les commentaires qui concernent l’œuvre d’Eekhoud3.

Dans ce chapitre liminaire, Eekhoud explique comment il fut toujours intrigué par un épisode du chant six du célèbre livre portugais, épisode au cours duquel les caravelles sont en rade, faute de vent, peu avant d’aborder les Indes. On y va donc, pour tuer le temps, d’histoires à raconter, et notamment celle qui concerne Magrice : aller défendre en terre anglaise l’honneur de douze dames bafouées par leurs courtisans. Douze chevaliers portugais sont sur les rangs et décident de se mettre en...

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