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Les zouaves pontificaux en France, en Belgique et au Québec

La mise en récit d’une expérience historique transnationale (XIXe – XXe siècles)

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Bruno Dumons and Jean-Philippe Warren

Le bataillon des zouaves pontificaux est créé le 1er janvier 1861 et devient régiment au 1er janvier 1867. Il est constitué d’environ 10 000 volontaires, issus de 25 nationalités différentes, qui seront licenciés le 21 septembre 1870.
Une fois le conflit terminé, de nombreuses associations d’anciens zouaves sont créées au retour des soldats et des journaux liés à ces associations sont fondées. Des rassemblements et des réunions cherchent à perpétuer le souvenir des faits d’armes des combattants démobilisés tandis que plusieurs monuments en célèbrent l’héroïsme.
Un véritable imaginaire prend forme à la fin du XIXe siècle. Appartenant à cette internationale « blanche », d’essence contre-révolutionnaire, les anciens volontaires élaborent le mythe du croisé moderne, du martyre et du héros catholique. C’est ici l’imaginaire construit autour des zouaves pontificaux que ce livre se propose d’explorer. Il entend poser des jalons pour mieux comprendre la structuration des réseaux de zouaves, leur idéal de chrétienté, leur description d’un « croisé du Christ », leur identité comme groupe et leur quête de légitimité religieuse et sociale, voire politique.
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Le retour des zouaves québécois. Du douloureux souvenir de l’invasion de Rome à une réaffirmation de leur engagement dans la Cité

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Du douloureux souvenir de l’invasion de Rome à une réaffirmation de leur engagement dans la Cité

Dominique MARQUIS

Le 20 septembre 1895, l’Italie souligne avec pompe le 25e anniversaire de la victoire des troupes de Victor-Emmanuel II sur les armées pontificales. Cette célébration provoque l’indignation de nombreux catholiques de partout dans le monde et particulièrement des zouaves pontificaux qui, en 1870, avaient combattu pour la sauvegarde du pouvoir temporel du pape. Pour l’occasion, les zouaves de Montréal et de Québec organisent de grandes manifestations religieuses. À Montréal, un rassemblement a lieu à la cathédrale Marie-Reine du Monde où une chapelle dédiée au Sacré-Cœur est inaugurée1. À Québec, une messe commémorative est célébrée à la chapelle Notre-Dame des Victoires. Ces deux célébrations réunissent certes des zouaves, mais « toutes les classes de la société » sont aussi présentes2. En réaffirmant leur fidélité au pape et en soulignant la bravoure de ceux qui ont combattu contre ce qu’ils identifient comme « l’armée sacrilège », les zouaves remplissent non seulement leur devoir de mémoire mais ils veulent aussi réinscrire le récit de leurs exploits dans la mémoire collective.

À la suite de cette commémoration, les anciens zouaves, assemblés dans l’Union Allet, décident de redonner plus de visibilité à leurs activités. Il...

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