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Censure et autorités publiques

De l’époque moderne à nos jours

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Edited By François Cadilhon, Philippe Chassaigne and Éric Suire

L’histoire récente consacre le passage de la censure étatique directe à des formes intériorisées d’autocensure. Le sujet n’en reste pas moins d’actualité, y compris dans les démocraties occidentales où on assiste à des demandes émanant de groupes religieux pour faire interdire disques, journaux, livres, films jugés blessants ou blasphématoires. Les possibilités d’expression offertes par les nouveaux médias suscitent l’affolement des ligues de vertu et un strict verrouillage dans les pays où la liberté de parole reste interdite. L’optique de l’ouvrage déborde cependant du cadre contemporain. Le choix d’une chronologie longue l’inscrit dans une réflexion générale sur l’évolution des sensibilités au sein de « l’espace moral », en privilégiant la question des frontières changeantes, car historiquement construites, de ce qui a été perçu comme dicible ou indicible. Les 23 contributions réunies abordent les modèles de conception et les modalités d’application de la censure à travers ses objets (publications licencieuses, presse, œuvres d’art, lectures de l’histoire, opinions hétérodoxes), les moyens de son exercice, et ses enjeux politiques.
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Outrages publics à la pudeur et outrages aux bonnes mœurs. La nudité en procès dans la France de la Troisième République (1870-1914)

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La nudité en procès dans la France de la Troisième République (1870-1914)

Lise MANIN

Université Paris I

Dans le cadre de leurs activités de contrôle et de régulation des mœurs, les autorités françaises se sont attachées, tout au long du XIXe siècle, à réprimer toute forme d’exhibition publique de la nudité ou de la sexualité, spectacle risquant d’éveiller les instincts et la lubricité de la population et, partant, de la faire sombrer dans la débauche. Appréhendé comme un agent d’immoralité, comme une vision susceptible de miner l’ordre des mœurs fondé sur le mariage, du fait de l’incroyable exaspération des sens qu’il induirait, le dévoilement du corps dénudé faisait ainsi l’objet d’une censure étroite, régie par deux dispositions du Code pénal de 1810 : l’« outrage public à la pudeur » (art. 330) et l’« outrage aux bonnes mœurs » (art. 287).

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