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Censure et autorités publiques

De l’époque moderne à nos jours

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Edited By François Cadilhon, Philippe Chassaigne and Éric Suire

L’histoire récente consacre le passage de la censure étatique directe à des formes intériorisées d’autocensure. Le sujet n’en reste pas moins d’actualité, y compris dans les démocraties occidentales où on assiste à des demandes émanant de groupes religieux pour faire interdire disques, journaux, livres, films jugés blessants ou blasphématoires. Les possibilités d’expression offertes par les nouveaux médias suscitent l’affolement des ligues de vertu et un strict verrouillage dans les pays où la liberté de parole reste interdite. L’optique de l’ouvrage déborde cependant du cadre contemporain. Le choix d’une chronologie longue l’inscrit dans une réflexion générale sur l’évolution des sensibilités au sein de « l’espace moral », en privilégiant la question des frontières changeantes, car historiquement construites, de ce qui a été perçu comme dicible ou indicible. Les 23 contributions réunies abordent les modèles de conception et les modalités d’application de la censure à travers ses objets (publications licencieuses, presse, œuvres d’art, lectures de l’histoire, opinions hétérodoxes), les moyens de son exercice, et ses enjeux politiques.
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Arène ou forum ? Incertitudes françaises à la conférence de 1923 contre les publications obscènes

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Incertitudes françaises à la conférence de 1923 contre les publications obscènes

Philippe BOURMAUD

Université Lyon 3

L’obscénité est une chose tout à fait relative, comme la pudeur elle-même, qui varie suivant les personnes, les divers pays et les climats, et, dans ces conditions, elle ne saurait comporter une définition catégorique s’adaptant à tous les pays. C’est pourquoi il y a eu sur ce point accord unanime dans la conférence, pour reconnaître que l’obscénité est une affaire d’appréciation qui doit être laissée au juge. Nous ne sommes pas allés à la conférence sans étude préalable [sic] et approfondie de la question qui nous occupe en ce moment. J’ai eu l’occasion de rencontrer et de consulter M. Marcel Prévost qui avait publié, l’année précédente, une étude fort intéressante sur la crise de la pudeur. […] [C]’est dire que nous avions tenté de sérieux efforts pour nous éclairer et soutenir, en toute connaissance de cause, la thèse qui a prévalu, sans la moindre difficulté d’ailleurs, à la conférence de Genève1.

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