Show Less
Restricted access

Penser les frontières européennes au XXIe siècle

Réflexion croisée des sciences sociales

Series:

Edited By Bertrand Vayssière

La frontière n’est jamais innocente et elle n’est jamais (ou quasiment jamais) « naturelle ». C’est un artifice qui a d’abord servi à affermir une souveraineté, et donc un État, le plus souvent contre les autres : en ce sens, l’Europe est le plus couturé de tous les continents, suite à toute une histoire de négociations et surtout de guerres, à tel point que l’on peut évoquer une véritable fragmentation de notre espace, traversé aujourd’hui par environ 14 000 km de frontières. Comment ignorer cette réalité aujourd’hui que l’on « fait » l’Europe ?
La question n’était pas taboue tant qu’on ne parlait que de désarmement douanier, dont le but ultime était la création d’un Marché unique, mais maintenant que ces frontières sont censées ne plus exister entre les États de l’UE au profit d’une seule et même frontière commune qui doit nous définir par rapport au monde extérieur (et, suivant certains, nous protéger contre lui), quel constat s’impose, et surtout quelles propositions apporter ?
Des spécialistes des principales sciences sociales (droit, histoire, géographie, sociologie) tentent ici une réponse, en s’appuyant sur des cas d’étude particuliers, présents ou passés, et en s’aidant de leurs méthodes propres d’investigation.
Show Summary Details
Restricted access

La frontière dans le droit de l’Union européenne

Extract



Laure Clément-Wilz

Maître de conférences à l’Université Versailles Saint-Quentin

Sylvaine Poillot-Peruzzetto

Professeur à l’Université Toulouse 1 Capitole1

La frontière se présente comme un attribut politique des États qui permet de construire ou de modifier, voire de déconstruire des espaces et des territoires. Elle est ainsi une ligne particulière qui crée des espaces et des territoires. Par le même mouvement qui accompagne la construction d’espace, a priori ou a posteriori, la frontière conduit à construire et/ou à modifier, voire à déconstruire une identité et donc une altérité tant pour la personne en lien avec ce territoire et dans ses relations aux autres personnes, que pour le groupe social en lien avec ce territoire, dans la relation du groupe aux autres groupes liés à d’autres territoires.

Le droit, quant à lui, est un instrument du souverain qui organise la vie sociale dans un espace et les relations entre les personnes liées à cet espace par un lien territorial (le domicile, la résidence ou simplement la présence) ou par un lien d’identité (la nationalité). C’est précisément par l’existence du droit et de la confrontation d’ensemble différemment organisés que le franchissement de la frontière peut modifier le régime de la personne ou du bien. Il peut induire ainsi, au moment du franchissement de frontière, des effets matériels et psychologiques.

Le droit nécessite la...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.