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Regards croisés sur la banlieue

Juliet Carpenter and Christina Horvath

Les banlieues populaires occupent une place particulière dans l’imaginaire français contemporain. Depuis les années 1980, elles se voient progressivement assignées à des images stéréotypées et des identités négatives qui reflètent avant tout les peurs des classes dominantes. Nombreux sont les médias, les politiques et mêmes les chercheurs qui tendent à remettre en cause l’appartenance des banlieues à l’espace commun, contribuant ainsi à l’écart qui les sépare du reste de la société.
Les textes rassemblés dans ce volume s’efforcent à faire entendre les voix et préoccupations authentiques des résidents des « cités sensibles ». Comment débarrasser les banlieues des stigmates qui les enferment ? Comment saisir leur complexité et les multiples facettes de leur réalité ? Comment relever le défi qu’elles posent, développer leur potentiel et saisir les opportunités qu’elles offrent ?
Ce volume collectif fait appel aux spécialistes d’une dizaine de disciplines pour explorer la manière dont les banlieues sont représentées dans les discours publics, la culture populaire et les arts. Rassembler les résultats des dernières recherches dans une quinzaine de chapitres accompagnés de bibliographies détaillées et inviter le lecteur à repenser les enjeux de la ville du demain, telles sont les principales ambitions de cet ouvrage.
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« Restaurer la voix » des banlieues : Fonctions politique et éthique du récit de soi

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| 199 →

« Restaurer la voix » des banlieues Fonctions politique et éthique du récit de soi

Isabelle GALICHON

Université de Bordeaux 3

« Nous ne vivons pas une crise de l’individu, mais une incapacité de la politique à prendre en compte l’individualisation de la société et à soutenir l’individu, qu’il soit intégré ou vulnérable »1 remarque Fabienne Brugère dans son récent ouvrage, La politique de l’individu. Cette absence de soutien est d’autant plus manifeste en situation de précarité ou de « désaffiliation », au sens où l’entend Robert Castel2. La convergence des études sociologiques récentes souligne en effet combien le problème de l’intégration sociale des quartiers populaires est lié à « une dépolitisation de la question des banlieues »3 et à un déficit de leur représentation dans le champ politique. La question de la voix est alors au cœur du problème. Selon Émerson, l’expression et la confiance en sa voix constituent l’essence même du processus démocratique : la dissolution de la voix dans l’espace démocratique, par déni de reconnaissance, devient synonyme d’une invisibilité de l’individu et d’un effacement progressif du sujet par un phénomène de « perte de soi »4.

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