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Jacques Chevalier (1882–1962) et la philosophie française

Jean-François Petit

Brillant agrégé de philosophie à 21 ans, Jacques Chevalier a contribué, plus que tout autre, au rayonnement de la pensée française dans l’entre-deux guerres. Bon connaisseur de Platon et Aristote, disciple de Bergson, il va parcourir toute l’Europe pour faire connaitre Maine de Biran, Pascal et Descartes, tout en s’intéressant de près à la mystique.
Son travail sans précédent d’historien de la philosophie reste encore à découvrir, moins pour son engagement politique discutable que la profondeur de son travail d’historien de la philosophie.
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Chapitre Un. Le disciple catholique de Bergson

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Vouloir travailler à partir de la pensée de Bergson ne relevait pas de l’évidence pour Chevalier : allait-il christianiser sa philosophie en se livrant à une « catholicisation » indue ? Allait-il à l’inverse en accepter les aspects les plus discutables pour la foi ? Ces questions ont peu été travaillées jusqu’à présent. Certes, depuis 2007, un effort sans précédent a été fait pour rééditer les œuvres de Bergson. L’évolution créatrice (1907), l’Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), Le rire (1900) notamment ont fait l’objet de nouvelles présentations1. De nombreuses manifestations ont été organisées en partenariat entre la Société des Amis de Bergson, le Ministère de la Culture, le Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine, l’université Lille III. Des travaux de valeur, notamment ceux de Ghislain Waterlot ont attiré l’attention sur les aspects religieux de la pensée de Bergson2 mais, pour une bonne part, Chevalier échappe à l’appel.

François Azouvi a donné les raisons de la postérité de Bergson : située à la croisée du XIXe siècle, intégrée à la « machine idéologique d’État », capable de rejoindre les milieux les plus divers (philosophiques, scientifiques, artistiques), son œuvre pouvait paraître tout à la fois simple et complexe dans le style, conformiste et d’avant-garde3. Pourtant, il y a bien un milieu qui ne fut pas conquis d’emblée et qui manifesta des résistances réelles à son acceptation : celui de l’...

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