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Jacques Chevalier (1882–1962) et la philosophie française

Jean-François Petit

Brillant agrégé de philosophie à 21 ans, Jacques Chevalier a contribué, plus que tout autre, au rayonnement de la pensée française dans l’entre-deux guerres. Bon connaisseur de Platon et Aristote, disciple de Bergson, il va parcourir toute l’Europe pour faire connaitre Maine de Biran, Pascal et Descartes, tout en s’intéressant de près à la mystique.
Son travail sans précédent d’historien de la philosophie reste encore à découvrir, moins pour son engagement politique discutable que la profondeur de son travail d’historien de la philosophie.
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Chapitre Trois. Une thèse ambitieuse mais contrariée

← 56 | 57 → CHAPITRE TROIS

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L’Essai sur la formation de la nationalité et des réveils religieux au pays de Galles des origines à la fin du VIe siècle1 aurait du être le premier travail universitaire de grande ampleur publié par Chevalier. Réalisé à la faveur de son séjour en Angleterre, le normalien était sans doute parti sur place en 1903 en parti sous l’influence de M. Portal2, sensible au « mouvement d’Oxford ». Le lazariste était soucieux de lui faire découvrir l’importance de cette tentative de réconciliation de l’Église anglicane avec le siège romain3, notamment en lui faisant rencontrer son ami lord Halifax4.

Malheureusement, à la Sorbonne, l’historien Ferdinand Lot, dont les idées sur l’université étaient précises5, ne voulut guère prendre le risque d’accepter une thèse qui échappait aux logiques disciplinaires de l’époque et dont l’auteur, catholique convaincu, cadrait mal avec les orientations en vogue dans l’université laïque. Chevalier s’explique loyalement sur cet échec6 que seul le Père Pouget sut lui faire accepter. À la date du 25 novembre 1912, dans les Logia on trouve écrit : « Ferdinand Lot a retourné ma thèse galloise avec un rapport concluant au rejet. Le Père Pouget observe que les gens de la Sorbonne font l’histoire du dogme au ← 57 | 58 → lieu de faire l’histoire du fait. C’est de là qu’est né le modernisme »7. Cette thèse, finalement publiée en 1923, était-elle trop en avance sur son temps ? Était-elle trop polémique ?

Quoi...

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