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Jacques Chevalier (1882–1962) et la philosophie française

Jean-François Petit

Brillant agrégé de philosophie à 21 ans, Jacques Chevalier a contribué, plus que tout autre, au rayonnement de la pensée française dans l’entre-deux guerres. Bon connaisseur de Platon et Aristote, disciple de Bergson, il va parcourir toute l’Europe pour faire connaitre Maine de Biran, Pascal et Descartes, tout en s’intéressant de près à la mystique.
Son travail sans précédent d’historien de la philosophie reste encore à découvrir, moins pour son engagement politique discutable que la profondeur de son travail d’historien de la philosophie.
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Conclusions de la quatrième partie. Métaphysique, mystique et morale

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On ne saurait contester la qualité de la réflexion de Chevalier, à l’issue de cette quatrième partie. Certes, sa tentative se situe en deçà des déconstructions et orientations contemporaines de la métaphysique. Mais le philosophe aurait pu dire que l’orientation antimétaphysique de la sociologie positiviste était encore une manière de vouloir en faire.

Il serait donc trop simple de dire que la métaphysique de Chevalier est historiquement datée. Certes, elle marque les exigences d’une époque, en particulier d’un retour à Aristote et Platon. Elle ne transige pas sur l’idée que l’Un ne peut produire autre chose que le Bien. Surtout, elle met en place en métaphysique une stratégie de hiérarchisation et de différenciation sur deux points précis.

En premier lieu, elle ne cherche pas, comme à l’époque contemporaine, un dépassement de la métaphysique par la mystique. Bien au contraire, Chevalier aurait plutôt tendance à avaliser le schéma inverse. L’exploration de la mystique est mise au service d’un renouveau de la pensée face à une métaphysique aporétique, dont le savoir lui semble usé et étriqué. Il se démarque nettement de la captation théologique de la mystique et de cette « métaphysique de manuel », vaguement thomiste en fait, pour explorer les rivages de la philosophie néoplatonicienne. Mais cette exploration est-elle rigoureusement menée, en particulier si elle conduit à ne pas penser l’Un au-delà de l’Être ? En refusant...

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