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Le cinéma de Marguerite Duras : l'autre scène du littéraire ?

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Caroline Proulx and Sylvano Santini

Si l’œuvre littéraire de Marguerite Duras jouit d’une renommée incontestable, ses réalisations cinématographiques, elles, représentent une part beaucoup moins commentée de sa création, part qui procède pourtant du même imaginaire de l’écrivaine qui est ici interrogé. Les articles réunis dans ce collectif partent donc tous de l’hypothèse que son cinéma réputé difficile, exigeant, abscons, dérangeant, révèle certains de ses secrets si l’on comprend qu’il agit comme autre scène du littéraire, entendue à la fois comme complément et négatif du texte. Permettant d’explorer un champ n’appartenant ni à la littérature, ni tout à fait au cinéma, il n’est plus question d’affirmer simplement la suprématie du texte sur l’image, de l’écriture sur le film, mais bien de voir comment c’est le principe même de la représentation qui fait l’objet de la démarche esthétique de Duras.
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L’Histoire dans les images filmiques de Marguerite Duras

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Jonathan HOPE

Université du Québec à Montréal

La production filmique de Duras suscite un intérêt croissant depuis quelques années : on interroge la forme de ses films, l’utilisation de la musique, le rapport image/son, le rapport à l’écriture, la représentation du sujet, le travail de la mémoire, etc. Avec le temps, l’appareil critique et l’appréciation générale de l’œuvre filmique durassienne se sont accrus : l’œuvre filmique de Duras, pratique et théorique, constitue maintenant un objet d’étude à part entière. Afin de contribuer à cette tendance j’examinerai la portée politique ou historique qui se dévoile dans le rapport qu’entretient Duras au cinéma à partir de deux films, Hiroshima mon amour (1959) et India Song (1975)1. Bien sûr, le caractère engagé du film durassien est repérable ailleurs, par exemple dans son film féministe Nathalie Granger (1973), dans son film communiste Le Camion (1977) ou dans son film postcolonial Les Mains négatives (1979) ; on le trouvera également dans des entretiens de Duras, notamment avec Michelle Porte (1977) et, récemment apparus, avec Leopoldina Pallotta della Torre (2013)2. Mais je retiens Hiroshima mon amour et India Song parce j’y vois deux références complémentaires à l’Histoire3. Pour reprendre une ← 211 | 212 → distinction classique, j’examinerai d’abord l’Histoire dans le contenu de Hiroshima mon amour, puis dans la forme ou la structure de India Song – en portant une attention sp...

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