Show Less
Restricted access

Le cinéma de Marguerite Duras : l'autre scène du littéraire ?

Series:

Caroline Proulx and Sylvano Santini

Si l’œuvre littéraire de Marguerite Duras jouit d’une renommée incontestable, ses réalisations cinématographiques, elles, représentent une part beaucoup moins commentée de sa création, part qui procède pourtant du même imaginaire de l’écrivaine qui est ici interrogé. Les articles réunis dans ce collectif partent donc tous de l’hypothèse que son cinéma réputé difficile, exigeant, abscons, dérangeant, révèle certains de ses secrets si l’on comprend qu’il agit comme autre scène du littéraire, entendue à la fois comme complément et négatif du texte. Permettant d’explorer un champ n’appartenant ni à la littérature, ni tout à fait au cinéma, il n’est plus question d’affirmer simplement la suprématie du texte sur l’image, de l’écriture sur le film, mais bien de voir comment c’est le principe même de la représentation qui fait l’objet de la démarche esthétique de Duras.
Show Summary Details
Restricted access

De l’écran à l’écrit : portraits d’actrices chez Marguerite Duras

Extract



Cécile HANANIA

Western Washington University

C’est à travers un « motif » peu étudié dans l’œuvre de Marguerite Duras, l’actrice de cinéma, que le présent article propose d’aborder la question de l’image et de la représentation chez l’écrivaine. En effet, c’est dans ses textes et non dans ses films que le statut de l’actrice sera analysé, même si les écrits dans lesquels elles interviennent ne sont ni très nombreux ni homogènes1. Ouvrages romanesques ou articles de presse (publiés en recueil), ils datent pour la plupart des années 1950 à 1966 et précèdent donc le cinéma de Duras ou, plus précisément, suivent sa progressive exploration et appropriation du médium cinématographique. Si notre étude porte sur des femmes, c’est que Duras n’a jamais consacré d’articles à des acteurs hommes, à l’exception de Charlie Chaplin. Quant à ses fictions, si des personnages masculins en « position » d’acteurs y apparaissent (comme dans L’Homme atlantique par exemple), ils demeurent rares et abstraits. Il en va de même des comédiennes de théâtre, peu présentes dans l’œuvre (si ce n’est dans Savannah Bay) et marginales dans ses commentaires (exceptée Madeleine Renaud). Ce choix, néanmoins, n’est pas simplement motivé par des raisons quantitatives. Les propos de Duras concernant les actrices, qui sont à rapprocher d’un ensemble de textes dévolus à des femmes artistes (Leontyne Price, Margot Fonteyn, Maria Callas, etc.), sont aussi indissociables de propos plus...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.