Show Less
Restricted access

Le cinéma de Marguerite Duras : l'autre scène du littéraire ?

Series:

Edited By Caroline Proulx and Sylvano Santini

Si l’œuvre littéraire de Marguerite Duras jouit d’une renommée incontestable, ses réalisations cinématographiques, elles, représentent une part beaucoup moins commentée de sa création, part qui procède pourtant du même imaginaire de l’écrivaine qui est ici interrogé. Les articles réunis dans ce collectif partent donc tous de l’hypothèse que son cinéma réputé difficile, exigeant, abscons, dérangeant, révèle certains de ses secrets si l’on comprend qu’il agit comme autre scène du littéraire, entendue à la fois comme complément et négatif du texte. Permettant d’explorer un champ n’appartenant ni à la littérature, ni tout à fait au cinéma, il n’est plus question d’affirmer simplement la suprématie du texte sur l’image, de l’écriture sur le film, mais bien de voir comment c’est le principe même de la représentation qui fait l’objet de la démarche esthétique de Duras.
Show Summary Details
Restricted access

Par le film, revenir toujours à l’écrit

Extract



Lou MERCIECCA

Université Paris III – Sorbonne Nouvelle

L’écrit et l’image, l’ombre et la lumière

Dans Les Yeux verts, Marguerite Duras déclare : « Je parle de l’écrit. Je parle aussi de l’écrit même quand j’ai l’air de parler du cinéma. Je ne sais pas parler d’autre chose1. » À en croire l’écrivain, il serait question de l’acte d’écrire, même quand une autre pratique – et en l’occurrence ici, celle du cinéma – est évoquée. C’est que Marguerite Duras a cherché, sa vie et son œuvre durant, à saisir la nature précise de l’écriture et son fonctionnement. La parenthèse que constitue le cinéma dans son œuvre – une dizaine d’années de 1969 à 1981 – encadrée en amont par environ vingt ans de récit et de théâtre et en aval par dix ans d’une pratique plus hybride, signale une évolution de la création et offre à l’écrivain la possibilité de commenter son travail d’écriture grâce à la mise en perspective que lui offre le cinéma. Pour Michelle Royer, le cinéma a été un moyen privilégié et un moment capital pour la mise en scène et l’exploration des grandes phases du processus créateur durassien. Le cinéma, en « faisant surgir les images de l’obscurité », était le plus à même d’évoquer « le jaillissement de l’écriture2 » toujours selon Michelle Royer. C’est parce que les prémisses de...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.