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Le cinéma de Marguerite Duras : l'autre scène du littéraire ?

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Edited By Caroline Proulx and Sylvano Santini

Si l’œuvre littéraire de Marguerite Duras jouit d’une renommée incontestable, ses réalisations cinématographiques, elles, représentent une part beaucoup moins commentée de sa création, part qui procède pourtant du même imaginaire de l’écrivaine qui est ici interrogé. Les articles réunis dans ce collectif partent donc tous de l’hypothèse que son cinéma réputé difficile, exigeant, abscons, dérangeant, révèle certains de ses secrets si l’on comprend qu’il agit comme autre scène du littéraire, entendue à la fois comme complément et négatif du texte. Permettant d’explorer un champ n’appartenant ni à la littérature, ni tout à fait au cinéma, il n’est plus question d’affirmer simplement la suprématie du texte sur l’image, de l’écriture sur le film, mais bien de voir comment c’est le principe même de la représentation qui fait l’objet de la démarche esthétique de Duras.
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Virtualités à l’œuvre dans le cinéma de Marguerite Duras

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Julie BEAULIEU

Département des littératures, Université Laval

Une écriture à venir. Voilà qui caractérise à mon sens l’écriture de Marguerite Duras comprise comme une entrécriture1. Écriture qui voyage entre le texte et le film, entre la scène et l’image : écriture de l’entre-deux. Dans le contexte d’une « contamination » de l’écriture propre au cinéma durassien, et particulièrement au film Le Camion2 dont il sera question ici, l’entre-deux désigne ce lieu dynamique duquel émerge et se déploie une écriture « de nature indécise », pour reprendre l’expression désormais consacrée de Madeleine Borgomano3. Une écriture toujours en hésitation entre le texte, qui prend la forme d’un scénario plus littéraire que technique, et l’image, qui n’est plus représentative dans le cas singulier du texte et du film Le Camion. Cet entre-deux réfère également au dévoilement d’une écriture filmique atypique parce que non mimétique (le texte éponyme qui donne naissance au film n’est pas représenté à l’écran), qui surgit ici ← 115 | 116 → et maintenant, sous les yeux inquiets du spectateur placé dans l’attente d’une représentation qui ne vient pas. Écriture qui n’a, pour ainsi dire, qu’une existence virtuelle. Car que reste-t-il du film en dehors de l’acte de lecture devant la caméra ? Un simple texte ?

Film à faire, donc, film en devenir, dirait le philosophe Gilles Deleuze, qui s’est intéressé au cinéma notamment dans son rapport...

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